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 Proposition d'explication de texte : Chant pour un équinoxe

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Irmeyah



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MessageSujet: Proposition d'explication de texte : Chant pour un équinoxe   Jeu 28 Sep - 15:06

Bonjour,

Comme nous avons la chance d'avoir un forum consacré à cet auteur, le webadmin permet-il qu'on publie ici des exercice type agreg sur SJP ? Histoire d'avoir l'avis de spécialistes de l'auteur ou tout simplement d'autres amateurs ou agrégatifs ?

J'ai fait l'explication de texte (assez succincte) du poème "Chant pour un équinoxe" et je la publie ici. Je préviens que je ne suis pas du tout spécialiste ni connaisseur de SJP et que donc c'est mon premier "jet" concernant cet auteur. Vous serez indulgent de me signaler d'éventuels contresens ou erreurs diverses sur le texte.

Présentation :

Un des poèmes provençaux et tardifs (1971 : il meurt en 1975). Il a 84 ans … Il n’écrit que très peu alors : importance des poèmes est accrue.

Poète âgé devient une figure de vieux sage, de prophète qui communique avec les éléments. Peut-être aussi approche de la mort est le moment de se préparer à une communion avec la nature, la « Mère » qui est la Terre qu’on réintègre à la mort… cet « équinoxe » peut-il être la mort ? Non car cet équinoxe nie la mort et affirme la vie cyclique, infinie, éternelle.

Ce « chant » est un cantique panthéiste ou le poète devient un véritable « vates » qui communique avec les forces de la nature.

Pbtique :

Comment SJP endosse un rôle spécifique de poète-vates, voyant, prêtre panthéiste et prophète face à l’humanité (destinataire/lecteur du poème) ?
Titre énigmatique : on ne prévoit pas, on ne provoque pas un équinoxe : il arrive à une date précise … Quelle est cette équinoxe que cette voix prophétique-poétique annonce ?

PLAN :

I – 4 1ères § jusqu’à l’étoile : Communion cosmique de l’homme avec la nature panthéique
II – de l’étoile au bas de la page 111 : Eveil de la voix de l’homme dans la virginité et l’innocence, la liberté et le "génie"
III – p. 112 : Sorte d’envoi et annonce de l’équinoxe « entre la Terre et l’homme »

I : communion panthéiste de l’homme avec la nature à travers la voix prophétique du poète.

- Alternance entre les 4 strophes de I : je / nous / je /nous : échange entre la voix du poète et la voix des hommes, sinon celle des « vivants » (cf. « parole de vivant ») : émergence d’une voix poétique et prophétique, rôle du poète-vates qui communique avec la nature et l’humanité.
- inscription temporelle : « L’autre soir » ; poète est celui qui perçoit dans le monde un message qui s’en dégage au moment précis où il se produit : science de la conjonction, de l’événement cosmique (foudre, averse, naissance d’un « enfant » frappé par le « génie », équinoxe) ;
Pourtant : imparfaits et non passés simples : cette communication entre le poète et le cosmos est permanente (« j’écoutais rententir »)
- inscription énonciative : « je » voix du poète, représente la voix des hommes, prophète qui peut entrer en contact avec le divin (représenté par le tonnerre - auditif - et la foudre - visuel) ; foudre symbole de transcendance immédiate. Aussi : enthousiasme du poète « étonné ». Ce poète est médiateur aussi entre le monde des vivants et celui des morts (« sur la terre aux tombes j’écoutais retentir »).
- motif persien : difficulté pour le poète à transmettre à l’humanité ce message céleste : c’est certes une « réponse » (il y a donc un dialogue constant entre l’homme et la nature sive deus), mais elle est « brève et ne fut que fracas ». Ici on a un passé simple : événement ponctuel et violent qui s’oppose à la perception continue du poète avec l’imparfait.
- Néanmoins ce grand effort pour transmettre, traduire le message céleste est traduit dans la versification à distique dans les strophes 1, 2, et 4 de I :
§ 1 : v. 1 :phénomène naturel / v. 2 : devient langage (« réponse ») à travers la poésie
§ 2 : idem, l’ « averse » correspond à / l’émergence cosmique de l’ « amour »
§ 4 : pluie rejoint la mer : cycle de l’eau / c’est Dieu qui se disperse dans la nature et qui donc rejoint le vivant et l’homme (panthéisme)
- Le poète est donc celui qui sait écouter le monde avant que d’en parler, avant que d’être une voix. (tout comme le peintre est celui qui sait voir le monde avant que de le représenter)

§ 2 :
alternance avec § 1 :
§ 1 : local, foudre tombe près du poète seulement « j’écoutais », moment de la perception, de la médiation par le poète-prophète, « réponse » : moment de la communication
§ 2 : « notre intempérie », « en tous lieux », « averse » (qui tombe sur une grande surface à l’inverse de la foudre) : moment de la communion cosmique ciel-air-terre-eau et les vivants, sorte de baptême panthéiste et universel.

Chiasme intéressant :
§ 1 : imparfait / passé simple (fut, fut)
§ 2 : passé simple (fut, fut)/ imparfait
--> Il s’agit bien d’un échange cosmique mutuel, un cycle universel qui est aussi le cycle du temps (traduit par les temps verbaux)

Alternance §1 et § 2 au passé puis § 3-4 au présent : communion vécue, remémorée, puis actualisée par la puissance de la poésie.

- la pluie tombe (du ciel : Dieu ?) / l’amour remonte vers ses sources (Dieu ?) : là aussi échange d’amour mutuel.

§ 3 :

« je sais, j’ai vu » = hysteron proteron : poète est celui qui sait avant de voir, qui écrit avant de voir, qui écrit en voyant.
- « la vie remonte vers ses sources » : pulsion d’eros : amour = vie
- Foudre personnifiée : elle devient un ouvrier tailleur de pierre qui « ramasse ses outils » ; difficulté de compréhension de la figure : la foudre est violente, brève, sans substance, sans organe, sans « outils » … difficilement personnifiable.
(chercher une explication valable pour la personnification)

- mouvement de remontée, de résurgence : la pluie tombe tandis que la terre et les vivants se déploient vers le haut. Mais aussi foudre (local)  pluie (étendue) = mouvement de divergence, dispersion / sur la terre c’est remontée (retour), mais aussi le rassemblement vers les sources, le « pollen » s’entasse, puis …

§ 4 :

« La semence de Dieu » = la pluie rejoint l’eau des mers.

La nature est un cycle de dispersion/rassemblement, déploiement/repli : le dernier vers synthétise parfaitement l’idée panthéiste : « Dieu l’épars nous rejoint dans la diversité ».
Contradiction apparente Dieu (unique, transcendant) / diversité et étendue de la nature : la poésie est ce qui dissout cette contradiction et opère une communion cosmique. Le dialogue entre l’homme et le monde est symbolisé/représenté par l’échange entre le Dieu panthéiste et le poète.

II : Prophétie annoncée à l’homme : retrouver la pureté et la liberté

- changement d’énonciation : apostrophe à un « Sire, Maitre du sol » : Dieu ? : peu probable car incompatible avec le panthéisme du premier mouvement, dans lequel la divinité n’est pas dominatrice mais immanente. « Sire, maître du Sol » = l’homme, à qui la Terre entière est donnée ? probable.
Dans ce cas : l’apostrophe peut être comprise comme message du poète-prophète à l’homme = l’humanité en tant qu’elle prétend à la domination du monde.

Antithèse entre cette prétention (seigneurie liée à la domination guerrière) et la virginité de la neige (semence du ciel mais pure, douce et vierge), « le ciel est sans heurt » (libre contrairement à la Terre) ; « la terre franche de tout bât » = la Terre est par nature libre et donc non dominable.

- évocation persienne de la terre entière selon les civilisations qui ont prétendu la posséder et dominer : rois et empereurs antiques.

- « la voix des hommes est dans les hommes » : lapalissade : le poète renonce à symboliser la voix des hommes ? ou bien il indique qu’il y a une irréductible diversité qu’il ne peut dépasser.

- « La voix du bronze dans le bronze » : réf. à l’âge de bronze, âge de la guerre ? les hommes ne seraient que des guerriers qui s’entretuent et que le poète abandonne ?

- En relation avec l’âge de bronze, prophétie d’une naissance messianique (cf. mythologies antiques, cf. Virgile, les Géorgiques) … naissance que même le ciel ne prévoit pas, ni les hommes (« le siècle »). Permanence dans le poème d’une voix du poète vates.

- Tonalité christique « un enfant naît au monde dont nul ne sait la race ni le rang » (comme Jésus, dont on ne pouvait décider s’il était homme ou Dieu … ?) ; là encore insistance sur l’incapacité des autres (que le poète ?) à savoir, tandis que le poète, lui, affirmait dès I « Je sais ».

- Contact entre le génie et l’enfant ( cf. entre le Saint Esprit et l’enfant de la vierge Marie ?) ; virginité et pureté de l’enfant (comme Jésus). Déjà frappé par le destin représenté par un génie aux « coups sûrs ». : Tous les éléments d’une prophétie.


III : Prière à la Terre, prophétie de l’équinoxe (cf. Prière du Notre Père « Que ton Royaume vienne »)

- Sorte d’anti-Notre Père : prière à « notre Mère », la Terre ( à l’inverse du Père qui est au ciel, et dont le fils nait sur la Terre)
- Opposition entre le domaine de la Nature dont la Terre-Mère est la représentante, l’origine, la Déesse, et celui de la divinité déjà décrite dans le poème (Dieu du tonerre, enfant messianique) : « n’ayez soucis de cette engeance » : la Terre n’a pas à se soucier de cette « menace »-là car « le siècle est prompt » et « foule » : le temps s’écoule vite et à grands flots, la prophétie messianique n’a que peu d’importance face au « siècle », et à la loi de la nature, constante, éternelle et irrépréssible.
- Divinité (chrétienne ?; tout du moins transcendante) annonce la mort des injustes : religion de l’eschatologie, de la mort (Jésus doit mourir et la mort est une sorte d’apothéose dans cette religion de martyrs) : alors que la « vie va son cours » inéluctablement selon la loi de la nature panthéiste : religion de la vie sans cesse renouvelée, du cycle, « du cours » :
Le démontre ce « chant » qui n’a ni origine ni fin: « qui n’a connu sa source et qui n’aura d’estuaire dans la mort », qui est donc parfaitement cyclique. Encore une fois comparaison à un fleuve : référence au cycle de l’eau (« source », « estuaire ») : cycle de la vie qui se traduit dans le poète en tant que prophète de l’humanité (« en nous ») par un « chant » (prophète-poète).

- chant spontané et universel, immanent en l’homme (qui se « lève en nous »). Cantique mystique d’une religion panthéiste, qui permet la conjonction (l’« équinoxe ») cosmique entre l’homme et sa Mère la « Terre »
- équinoxe signifie « égalité entre le jour et la nuit » : Terre = nuit / jour = homme ? ; moment de passage entre un jour croissant face à la nuit (ou une nuit croissante face au jour en automne) moment de l’homme / moment de la Terre qui engloutit l’homme à la mort (poème testamentaire ?) ? Mais il y a une affirmation de la vie et de son cycle : la mort ne serait alors qu’un passage dans le cours du cycle de la vie, de la nature, du temps, du « siècle », de l’année : un équinoxe.

CONCLUSION :

Poèsie persienne vise à réconcilier l’homme et la Nature. Le Dieu est définitivement spinozien, panthéiste, dispersé dans la nature, omniprésent : dans la foudre, dans la pluie, dans le ciel qui donne sa semence, dans la Terre, et dans les hommes eux-mêmes au moment de l’équinoxe à l’occasion d’un « chant » poétique/cantique mystique.

On remarque avec intérêt qu’au début du poème, la foudre et la pluie tombent comme une « réponse » à l’homme, tandis qu’à la fin « un chant se lève en nous » (pour aller vers le ciel ?) : il reste cette dimension verticale dans la poésie panthéiste de SJP. Ce n’est donc pas qu’une poésie de la nature, horizontale : c’est aussi une poésie de l’exaltation, de l’élévation spirituelle.

Affirmation d’un pouvoir de l’homme qui est dans l’être, dans son corps même, dans sa voix, son chant (qui est « en nous ») plus que dans la domination guerrière, la possession armée (SJP poète de l’être et non de l’avoir). Le poète a pour rôle de montrer à l’homme la virginité et la liberté de la nature « Sire, voyez : (…) la terre franche de tout bât » : c’est donc un appel pour l’homme à cesser cette domination possessive et à concéder à présent à la nature à l’occasion d’un équinoxe.


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MessageSujet: Re: Proposition d'explication de texte : Chant pour un équinoxe   Jeu 28 Sep - 15:20

Peut-être la rubrique que j'ai choisie pour mon explic. n'est-elle pas la bonne ? Mais j'ai hésité ...
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MessageSujet: Re: Proposition d'explication de texte : Chant pour un équinoxe   Jeu 28 Sep - 21:03

Re-bonjour à vous ; merci pour votre explication, et vous avez eu là une belle initiative : il est tout à fait possible de proposer ici vos préparations, et d'en demander une lecture critique. Vous inaugurez donc la formule.

Je crois que dans l'ensemble vous avez bien perçu la thématique même du poème, comme l'indique d'ailleurs d'emblée l'orientation que vous avez choisie pour votre "Problématique". Vous avez su également bien distinguer cette profonde imprégnation panthéiste qui parcourt le propos. Parfait aussi pour la question du temps, ou des temps cycliques ; et votre plan rend compte de ces enjeux.

Dans le fond, je vous conseillerais de manière générale d'accorder in fine plus de crédit au réel visé aussi par le poème : ainsi, quand au terme de votre interrogation, vous tentez de situer cet équinoxe, considérez qu'il s'agit bien d'une occurrence temporelle ancrée, qui donne un cadre précis à cette constante recherche d'équilibre que scelle le poème. Cet équinoxe est bel et bien vécu, et mieux qu'un symbole, il confère sa puissante dimension d'harmonie à ce moment d'interrogation sur le destin humain - à l'image des autres poèmes du recueil. L'harmonie, d'ailleurs, demeure le maître-mot de cette recherche d'équilibre, et constitue le soubassement de ces tendances diverses (la foudre et la douceur...) évoquées comme relais contraires de la condition métaphysique de l'homme. Mais il s'agit donc d'une harmonie ancrée, singulièrement vécue dans une occurrence temporelle et spatiale.
En étant plus attentif à cet ancrage temporel et "réel" de l'immanence que vous évoquez bien, vous infléchirez l'interprétation trop rapide que vous accordez à quelques éléments très signifiants, dans ce langage éminemment elliptique, caractéristique du recueil. Ainsi, ne croyez pas que "la voix des hommes est dans les hommes" soit une lapalissade : on pourrait gloser bien longtemps sur toutes les implications "figurées" de cette mention hautement cryptée, comme c'est si souvent le cas chez Perse. Dans cet ordre d'idée, je serais plus prudent à accorder une signification christique à cette naissance évoquée : ne peut-il aussi être question, de manière plus banale mais aussi plus humaine, de toute naissance - d'où la recherche d'une place, relative et elle aussi harmonisée avec le cosmos, de l'homme, incarné ici par le nouveau-né ?

Soyez également attentif à cette autre dimension du poème, que d'ailleurs vous avez soulignée en accordant toute sa place au panthéisme : celle, voisine de l'harmonie spatio-temporelle, d'une alliance de l'homme avec le cosmos, présent bien sûr par la terre, la foudre, les pluies, l'eau en général. L'homme doit trouver sa juste position, médiane dans l'harmonie de l'équinoxe, et cette quête mise sur l'alliance finale de l'être avec le cosmos, son écrin.

Mais encore une fois, ce ne sont là que des éléments complémentaires à votre approche, que je trouve très bonne. Peut-être qu'une étude critique supplémentaire du poème vous serait-elle utile ? Si vous le voulez, je vous l'envoie à titre privé.
Bien à vous, Loïc Céry
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MessageSujet: Re: Proposition d'explication de texte : Chant pour un équinoxe   Ven 29 Sep - 11:44

Merci beaucoup pour votre attention et vos conseils. Oui, j'accepte avec plaisir une étude critique supplémentaire.

Citation :
Dans le fond, je vous conseillerais de manière générale d'accorder in fine plus de crédit au réel visé aussi par le poème
C'est exactement le problème que j'ai avec SJP : si on aperçoit l'idée, on peine à voir le référent de certaines expressions, de certains versets ... néanmoins je comprends tout à fait votre remarque. J'ai uniquement signalé un ancrage temporel quand je parle des premiers mots du poème.

Citation :
je serais plus prudent à accorder une signification christique à cette naissance évoquée : ne peut-il aussi être question, de manière plus banale mais aussi plus humaine, de toute naissance - d'où la recherche d'une place, relative et elle aussi harmonisée avec le cosmos, de l'homme, incarné ici par le nouveau-né ?
Ce vers m'intrigue beaucoup. Que le poète indique que nul ne sait ni " la race ni le rang" de l'enfant peut vouloir dire que c'est bien un enfant spécial : héritier d'une dynastie oubliée, fils naturel abandonné, orphelin ... Que le génie le frappe au front signalerait aussi une élection spécifique. Du moins c'est mon sentiment, même si il ne me mène à rien de précis.

Merci encore pour vos précisions.

I.


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MessageSujet: Re: Proposition d'explication de texte : Chant pour un équinoxe   Ven 29 Sep - 12:10

Pour la naissance : l'élection est rattachée, il me semble, à l'humain en général. Une mention "christique" aurait trop entraîné le poème vers des rives chrétiennes, qu'il ne saurait aborder... Vous pouvez parler d'élection, certes, mais aucunement de mention christique ; c'est du moins mon conseil.

Pour ce qui est du référent temporel du poème : cet équinoxe par exemple, a fait l'objet de renseignements précis glanés par le poète avant la composition de son oeuvre. Il désigne donc bien ce moment de partage du temps, qu'il s'agisse de l'équinoxe de printemps ou de l'équinoxe d'automne. C'est le cadre "réel" que vise le poète pour que prenne place sa quête d'équilibre. La foudre, l'éclair, de la même façon, bien qu'ils appellent une symbolique particulière, sont également des référents précis, liés à la conformation météorologique de cette partie extrême du Var, en septembre. Perse profite de cette situation spatio-temporelle pour arrimer son propos à un cadre terrestre donné.


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MessageSujet: Re: Proposition d'explication de texte : Chant pour un équinoxe   Ven 29 Sep - 12:20

Merci pour ces rectifications précises.
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MessageSujet: Re: Proposition d'explication de texte : Chant pour un équinoxe   Jeu 23 Nov - 12:04

Je prie M. Céry de me donner son avis sur une petite polémique autour de l'interprétation à donner au "Dieu" et à la foudre, à l'orage du début du poème.

Après avoir fait mon explic en cours, le prof m'a reproché (d'ailleurs principalement) d'avoir mal interprété ce début de poème (que j'ai, depuis la publication ici de mon explic, plus tendu vers un moment d'inspiration étant donné la valeur symbolique donnée à la foudre et à l'orage comme moment de furor, d'inspiration dans toute son oeuvre et notamment Vents).

M. Maulpoix, mon professeur, a proposé une autre interprétation qui annulerait la mienne. J'avais tendance à interpréter certains signes comme des indices de présence d'une Divinité transcendante voire biblique ("enfant" christique, etc.) : M. Maulpoix penche encore davantage dans cette interprétation, pour proposer le passage dans le poème d'une (fausse) communication avec le Dieu transcendant dans la première strophe notamment (1) à la communion avec une divinité immanente dans la seconde strophe (2) p. 112 (surtout).

Voici le schéma proposé par M. Maulpoix :

1 : ciel/Dieu transcendant --> hommes/terre : fracas et non communication

2 : hommes --> Terre : prière, véritable langage qui nait ("chant").


(2) : je suis d'accord en gros avec lui, puisque j'ai interprété de cette manière.

(1) : communication qui ne se révèle que "fracas", c'est à dire non-langage, fausse communication : toute cette première strophe illustrerait le refus d'une Divinité transcendante de se manifester.
--> je suis totalement en désaccord, bien que je ne sois pas intervenu en cours lors de la "correction" (pour ne pas allonger davantage le temps consacré à mon opinion).

Pour moi le Dieu de la première strophe est d'emblée immanent et d'emblée en communication avec le poète. Le tonnerre n'est certes "que fracas", mais il est avant tout et surtout cette "réponse à l'homme" : terme qui refère explicitement à une vraie communication. M. Maulpoix semblait l'oublier ou le mettre de côté. Ensuite les trois usages du mot "Dieu" dans cette strophe soit trois emplois d'une acception définitivement panthéique :
- "la nuit de Dieu" = le mauvais temps, l'intempérie, une période mouvementée, tourmentée de la nature, donc un Dieu dans le sens "sive natura"; c'est aussi la nuit qui arrive avec l'équinoxe.
- " la semence de Dieu" = la pluie : encore la nature qui donne la pluie, Dieu comme personnification génitale de la nature
- "Dieu l'épars" : ici, panthéisme explicite et incontestable.

Enfin, pour ma part je ne pourrai pas identifier, comme le fait M. Maulpoix, le "ciel" et le "Dieu" de cette première strophe : l'identification n'est pas sûre. Du moins Dieu est-il autant dans le ciel que dans la pluie, dans le tonerre, dans la mer, dans l'eau, et ainsi partout, "dans la diversité".

Donc pour résumer : pour moi cet orage est la symbolisation, à l'occasion d'un moment cosmique précis, l'équinoxe, de la conjonction entre "l'homme" que représente le poète (donc vates/prophète/shaman) et de la nature qui entre en contact, en communication, avec lui : dès le départ (v.3), l'averse du ciel est "Amie" (on a là un shaman complice des éléments)... pour moi il est hors de question d'y voir là un avatar de Dieu transcendant qui serait coupé du monde et refuserait de dialoguer avec l'homme (et donc qui n'existerait pas : pour SJP "Dieu" existe bel et bien : il le répète d'ailleurs 3 fois !).

Voilà, pouvez-vous me donner votre avis pour trancher sur la question ?

Merci bien d'avance !
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MessageSujet: Re: Proposition d'explication de texte : Chant pour un équinoxe   Mer 27 Déc - 0:13

Cher Irmeyah, je réponds ici avec encore un énorme retard - dont je suis condus - à cette sorte de controverse de lecture qui vous oppose à JM. Maulpoix.

Il faut tenter de démêler l'écheveau, et pour ce faire, partir de choses précises. Tout d'abord, conformément à ce que je vous avais dit initialement, dans le première réponse que je vous avais adressée à propos de votre explication du poème, je n'insisiterai jamais assez sur la necessité impérieuse de se méfier beaucoup du terme de "Dieu" chez Saint-John Perse, tant son usage est éminemment piégé. Ainsi, je vous l'vais dit :

Citation :
En étant plus attentif à cet ancrage temporel et "réel" de l'immanence que vous évoquez bien, vous infléchirez l'interprétation trop rapide que vous accordez à quelques éléments très signifiants, dans ce langage éminemment elliptique, caractéristique du recueil. Ainsi, ne croyez pas que "la voix des hommes est dans les hommes" soit une lapalissade : on pourrait gloser bien longtemps sur toutes les implications "figurées" de cette mention hautement cryptée, comme c'est si souvent le cas chez Perse. Dans cet ordre d'idée, je serais plus prudent à accorder une signification christique à cette naissance évoquée : ne peut-il aussi être question, de manière plus banale mais aussi plus humaine, de toute naissance - d'où la recherche d'une place, relative et elle aussi harmonisée avec le cosmos, de l'homme, incarné ici par le nouveau-né ?

De même, l'usage direct de "Dieu" ne doit pas être le prétexte à confusion avec le Dieu chrétien : il s'agit d'une dénomination générale, spiritualiste si l'on veut, envers une transcendance extérieure... Il faut faire très attention là-dessus ; vous n'êtes pas chez Claudel, ici ! Et je comprends alors que Maulpoix ait pu vous faire le reproche de cette lecture un peu trop directe...

Dans le même sens, telle que vous me l'avez exposée, la lecture de Maulpoix à propos de cette abscence du Dieu trascendant dans la première strophe, me paraît tout à fait conforme au sens profond du poème. Et là-dessus, il ne faut pas non plus nourrir de confusion : vous parlez d'immanence, il ne faut donc pas croire en une transcendance déifiée chez Perse ; quand Maulpoix attire votre attention sur ce mutisme de la première strophe, il a mille fois raison, car c'est le sens même du poème qui est engagé dans cette concentration vers l'immanence justement, en détournant le regard de ces signes qui ne viennent pas et ramènent l'homme à la dimension panthéiste de l'univers...

Voilà quelques recommandations, que je pourrais bien sûr argumenter à votre demande...
Bien à vous, Loïc Céry
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MessageSujet: Re: Proposition d'explication de texte : Chant pour un équinoxe   Mer 27 Déc - 2:21

Avant tout, merci.

Citation :
vous parlez d'immanence,
Moi, oui.

Citation :
il ne faut donc pas croire en une transcendance déifiée chez Perse
C'était précisément l'interprétation de M. Maulpoix (pour la première partie du poème) ... avec laquelle justement je ne suis pas d'accord ...

Citation :
vous n'êtes pas chez Claudel, ici ! Et je comprends alors que Maulpoix ait pu vous faire le reproche de cette lecture un peu trop directe...
Je me suis certainement mal exprimé mais quand j'ai présenté mon explic j'ai précisément corrigé mon interprétation biblique et transcendante de "Dieu", et par contre, en fait j'ai eu l'impression que M. Maulpoix, lui, revenait sur ce que j'avais formulé (ici) sur la transcendance de Dieu, déifiée et défiée dans la première strophe (selon M. Maulpoix).

Citation :
en détournant le regard de ces signes qui ne viennent pas et ramènent l'homme à la dimension panthéiste de l'univers...
Pourtant "sur la terre aux tombes j'écoutais retentir", "amie, l'averse du ciel fut avec nous" ... donc je ne comprends pas !
Pour moi dès le début du poème il y a communion, même si elle est violente, tandis que M. Maulpoix y voyait la manifestation d'un Dieu précisément chrétien ou transcendant qui ne saurait pas parler à l'homme (ou l'homme ne sachant pas écouter), qui serait muette en fait. C'est avec cette interprétation que je ne suis pas d'accord ...
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MessageSujet: Re: Proposition d'explication de texte : Chant pour un équinoxe   Mer 27 Déc - 9:05

En vérité, je ne crois pas du tout que les deux dimensions soient incompatibles, et il me paraît même qu'elles sont complémentaires : la communion panthéiste, cette alliance que vous voyez à juste titre se manifester dans la première strophe, a pour auxiliaire en quelque sorte ce mutisme d'une transcendance déifiée : c'est ainsi que la réponse "ne fut que fracas", sans plus en somme. Mais si Maulpoix a évoqué réellement comme vous dites "la manifestation d'un Dieu précisément chrétien ou transcendant qui ne saurait pas parler à l'homme", là il s'est trompé car aucune caractérisation de cette nature n'apparaît dans le poème, et au surplus, il s'agit d'une dimension absente chez Perse, comme je vous l'ai déjà dit. Mais a-t-il réellement voulu dire cela ? Je n'en sais rien, je me fonde uniquement sur ce que vous m'en rapportez. Je sais en revanche que JM. Maulpoix est un lecteur d'une grande finesse de Perse, comme il l'a montré dans des textes fondamentaux, que vous connaissez (voyez surtout dans Du lyrisme).

Il faut, en tout état de cause, accueillir dans "j'écoutais retentir" et "Amie, l'averse du ciel fut avec nous", la manifestation de cette symbiose avec le cosmos, qui cadre bien avec l'équinoxe... sans donc y attribuer une dimension religieuse. Ou, s'il fallait pousser le paradoxe et jouer sur les mots (attitude très persienne, vous en conviendrez), je dirais qu'en fin de compte, cette attitude est religieuse au sens étymologique du terme : il s'agit de se relier à une dimension supérieure, sauf qu'ici, elle est trouvée dans l'immanence justement.
Mais distinguez bien ceci, qui vous permettra vous-même de transcender le dilemme : Perse parvient ici à rallier jusqu'à la transcendance déifiée elle-même, à la réalisation de l'alliance immanente qui se joue dans le poème - car voyez bien que la strophe se clôture sur "Dieu l'épars nous rejoint dans la diversité". Pourquoi est-il épars ? Ne s'agirait-il pas d'une allusion au propos de la Genèse, où l'esprit de Dieu est réputé pour "planer sur les eaux" (et n'a-t-il pas été question juste avant cette mention, des "nappes mauves du plancton", que "la semence de Dieu s'en va rejoindre en mer ?) ? Je penche très clairement pour cette lecture, qui fait place à une sorte de conciliation de la divinité, dans la sacralité du monde lui-même. Est alors préparée la seconde strophe, où la dimension éminemment humaine est affirmée ("La voix des hommes est dans les hommes", sur cette "Terre de Seth et de Saül"), dans le cadre physique et sacré (d'un sacré panthéiste, s'entend) de cette Terre, "notre Mère".

Je vous encourage donc à être sensible à cette orientation conciliatrice de Chant pour un équinoxe, où la divinité est elle-même "transcendée" (et donc répudiée, mais le terme ne rend pas compte de la finesse de cette dialectique spirituelle qui se joue là) dans une immanence sacralisée, faisant sa place entière à l'homme et à la Terre. C'est seulement au prix de l'accueil de cette hauteur de vue même, de cette conciliation des "contraires", que l'on peut parvenir, je crois, à cerner les véritables enjeux spirituels que draine ce poème très dense de ce point de vue.
Bien à vous, Loïc Céry
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MessageSujet: Re: Proposition d'explication de texte : Chant pour un équinoxe   Mer 27 Déc - 14:36

En ce qui concerne M. Maulpoix, effectivement, son interprétation m'avait étonnée (c'est le cas de le dire ... cf. v. 1) puisque je connaissais sa compétence sur la poésie de SJP.

Il me semble simplement que son schéma donné plus haut ne marche pas, puisque le "Dieu" invoqué n'est en fait pas transcendant, et cela dès le départ.

Pour moi c'est la conciliation dès le début du poème, même si c'est dans la violence d'un tonnerre puis d'une averse accompagnée d'une "nuit de Dieu" (sans doute provoquée par de gros nuages noirs d'où viennent les pluies).
Pour moi toujours cet instant était analogue aux instants de rencontre entre le poète shaman et les forces de la nature, ou est affronté un mutisme déconcertant :

cf. Vents, II, 2 : Je t’interroge, plénitude ! – Et c’est un tel mutisme…

ici, "cette réponse (...) qui ne fut que fracas" : mais un mutisme que la poésie de Perse aurait pour rôle de transmettre, de traduire :

cf. Vents, III, 6 : « Son occupation parmi nous : mise en clair des messages. Et la réponse en lui donnée par illumination du cœur. » (...)

« le cri perçant du dieu ! »
étant "cette réponse à l'homme qui ne fut que fracas".

Telle était mon interprétation que n'a pas acceptée M. Maulpoix, et à la place de laquelle il a proposé la présence d'un Dieu transcendant muet avec lequel le poète constate qu'on ne peut communiquer, un Dieu qui n'a rien à dire.

Donc, il semble que vous abondez dans mon sens, et avec une précision excellente. Merci encore.
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MessageSujet: Re: Proposition d'explication de texte : Chant pour un équinoxe   Mer 27 Déc - 20:03

Mais non, Irmeyah, je n'abonde pas, détrompez-vous : je répète qu'il s'agit de concilier les deux approches et qu'elles ne sont en rien antinomiques pour l'intelligibilité du texte. Voyez dans la "nuit de Dieu" non seulement ce que vous y voyez, mais aussi le silence de Dieu, et si vous ramenez l'ensemble à ce processus que j'ai essayé de vous suggérer précédemment, vous y gagnerez en subtilité dans la lecture du poème.

On a toujours tout intérêt à faire montre de cet accueil des conciliations avec Perse, qui est toujours du côté de la subtilité et de la polysémie : il ne faut pas se fermer sur un sens unilatéral et excluant et même si je comprends pleinement votre interprétation, même s'il vous semble que j'abonde en son sens, je vous encourage surtout à distinguer l'importance de cette dimension intégrale de conciliation. Voilà tout, bis repetita.
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MessageSujet: Re: Proposition d'explication de texte : Chant pour un équinoxe   Mer 27 Déc - 20:16

Très bien, merci pour ce conseil !
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MessageSujet: Re: Proposition d'explication de texte : Chant pour un équinoxe   Mer 27 Déc - 20:22

Et encore une fois, je ne dis pas cela pour amoindrir en quoi que ce soit votre lecture, dont vous avez bien compris que je la suis tout à fait : je le dis (et je me prends à radoter) pour attirer votre attention sur la richesse de ce court poème, qui accueille en son sein une densité spirituelle qu'il d'agit d'apprécier dans son intégralité.
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MessageSujet: Re: Proposition d'explication de texte : Chant pour un équinoxe   Mer 27 Déc - 20:31

Merci pour votre patience et votre pédagogie ...
Au fait, j'ai rédigé une dissertation dont le sujet est tiré du discours de Stokholm, et corrigé par M. Maulpoix qui m'a d'ailleurs mis une note de niveau "assez bon". Si vous n'êtes pas débordé et si vous avez l'envie et la patience de la lire, je vous l'envoie avec plaisir.
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MessageSujet: Re: Proposition d'explication de texte : Chant pour un équinoxe   Mer 27 Déc - 20:34

Ne voudriez-vous pas la disposer plutôt sur le forum ? Je pense qu'elle sera profitable à tous ; pour ma part, j'ai hâte de vous lire !
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MessageSujet: Re: Proposition d'explication de texte : Chant pour un équinoxe   Mer 27 Déc - 20:56

C'est à dire qu'elle est longue (quoique relativement pour une dissertation) ... Mais comme vous le désirez, je vais essayer de la mettre sur le forum.
Je vais la poster sur un nouveau sujet dans cette section ici, et vous la transférerez si nécessaire.
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MessageSujet: Re: Proposition d'explication de texte : Chant pour un équinoxe   Mer 27 Déc - 20:58

Peu importe sa longueur... l'essentiel est que nous puissions la lire !
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MessageSujet: Re: Proposition d'explication de texte : Chant pour un équinoxe   

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