FORUM SAINT-JOHN PERSE

Forum de discussions du site Internet Sjperse.org. Discussions et réflexions à propos de Saint-John Perse et de sa poésie ; informations relatives à la diffusion de son oeuvre.
 
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 dissertation agreg

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chemla



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Date d'inscription : 25/01/2007

MessageSujet: dissertation agreg   Jeu 1 Fév - 16:52

auriez vous des pistes d'exploitation de ce sujet ?
j'ai l'impression d'avoir suivi un plan trop classique (concessif) et je suis un peu desespérée....
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Daiana



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MessageSujet: Re: dissertation agreg   Jeu 1 Fév - 19:18

Eh bien! Personne pour apaiser l'angoisse post-traumatique des "combattants"?
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Celteko



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MessageSujet: Re: dissertation agreg   Ven 2 Fév - 0:23

Bon, bah je te raconte ce que j'ai fait.


I. Explication de la citation de Caillois en insistant sur le fait que l'oeuvre est dite transposée, non pas à cause d'une éventuelle concordance biographique mais parce que l'aventure poétique consiste à dire ce qui est, à dire le monde telle qu'il est. Ce qui est donc en jeu, c'est avant tout la question de la mimesis, de la représentation du monde et non du lien entre biographique et écriture.

II. Cette conception d'une poésie qui dit le monde, qui est le sujet dont elle parle suppose la conception d'un poète comme intermédiaire, mais comme un intermédiaire discret, transparent. Ma seconde partie consiste à montrer pour reprendre le titre de Starobinski, les obstacles à cette transparence entre les mots et les choses. La personne du poète est dressée selon trois visages : le poète artisan qui peut laisser les mots jouer de leurs sonorités et non selon la référence, le poète thaumartuge qui emploie les mots scientiques avant tout pour le plaisir de baptiser les choses, le poète comme personnage rhétorique qui organise la parole poétique dans le souci de l'épidictique.

III. C'est cette figure du poète rhétoricien qui organise la troisième partie ; je présente une poésie dont l'expansion, le délire dans un mouvement asianiste est sont régulés non seulement par le réel mais aussi par le langage dans un souci atticiste de pointe, de sommet avec comme visée le sublime.

Ma conclusion consiste (excusez-moi M. Cery) à rapprocher Perse et Mallarmé, en affirmant que ce sublime visé comme au-delà des mots, et au-delà des choses tend au silence comme l'oeuvre mallarméenne.

Alea jacta est.
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Sjperse
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MessageSujet: Re: dissertation agreg   Ven 2 Fév - 1:42

Bonsoir à tous ; Celteko, vous savez le souci que j'ai eu sur ce forum de bien vous encourager tous à disjoindre les démarches poétiques de Perse et de Mallarmé... Je ne veux pas me prononcer sur votre maintien de l'idée lors de l'épreuve, mais vous connaissez en tout cas mon point de vue, argumenté, dans le fond de l'affaire. Il n'en reste pas moins que je trouve que votre approche (votre plan d'ensemble) soit tout à fait satisfaisante.

Pour répondre à Chemla et Daiana, maintenant, et à tous par la même occasion : mais si, ne vous inquiétez pas, je vous proposerai quelques pistes... Et justement, dans les conditions d'aujourd'hui, alors que vous avez déjà composé, vous me permettrez d'être prudent : je connais ce genre d'angoisse consécutif à une épreuve de cet ordre. Je suis donc ouvert à toute question, avant tout : dialoguons, sans exclusive, et aussi pour vous rassurer. Mais je ne saurais attirer suffisamment l'attention sur un point : ceux qui ont eu l'occasion de suivre les discussions qui, au fil des mois, ont eu cours sur ce forum, auront remarqué que les trois quarts des échanges portaient justement sur ce sujet essentiel des attaches profondes au réel de la poésie de Perse. Parce qu'il s'agissait effectivement de la plupart des questions posées, mais aussi parce que c'est là mon angle de prédilection, je dois l'avouer, à propos de la poésie de Perse - et à propos duquel justement, j'ai actuellement un ouvrage en préparation.

Je ne vous proposerais pas de plan bateau ; je tiens simplement à énumérer quelques aspects qui me paraissent importants dans cette optique. Tout d'abord, pour constater à quel point cette citation de Caillois est centrale : cette question du lien au réel de la poésie de Perse est absolument primordiale (et j'ai encore eu le loisir d'y insister énormément au cours des journées de décembre : cf. dvd) et je dirais même qu'elle manifeste certains débats qui sont loin d'être clos à l'heure actuelle, car à mon sens, c'est là un aspect central dont on n'a pas encore pris pour l'heure toute la mesure. Voici donc, pêle-même, quelques éléments, que je vous livre de manière purement générique, car ils mériteraient pour chacun d'entre eux des développements colossaux ; voici néanmoins mes "têtes de chapitres"...

- Pour ma part, je serais justement parti de là : cette question doit faire l'objet d'une contextualisation critique, ne serait-ce que pour mettre en valeur la spécificité (et je dirais surtout, in fine, le magistère) des analyses de Caillois en la matière. Et sur ce point, je dois reconnaître une certaine défaillance dans un détail de la formulation du sujet, qui est une faute à vrai dire : il s'agit de la datation fautive de la publication de Poétique de Saint-John Perse, dont effectivement la version revue et augmentée est de 72, alors que le texte en lui-même est de 54. Le détail est important, si dans le perspective de cette contextualisation critique, on a le souci de reconnaître que les analyses de Caillois sont en tout point en avance sur le reste du commentaire des années cinquante, et qu'elles seront d'ailleurs pour l'essentiel revisitées bien des années plus tard. Cette thématique des attaches au réel de la poétique persienne feront en effet l'objet (après l'éclipse du structuralisme des années soixante-dix), d'une réévaluation primordiale, apportant pour aller vite, une sorte de corpus de "preuves sur pièces" en quelque sorte, dans les années quatre-vingt et quatre-vingt dix : attention au processus de création de Saint-John Perse, décryptage de la bibliothèque personnelle du poète conservée à la Fondation d'Aix-en-Provence, analyse "génétique" (manuscrits)... Tout cela pour vous dire (et je ne crois pas inutile d'agrémenter le propos de ce type de considération ; c'est pourquoi j'ai eu le souci tout au long de l'année et au cours des journées de décembre d'attirer l'attention des uns et des autres sur l'importance de l'histoire du commentaire, avec quelques repères phares facile à retenir) que cette problématique de l'insertion du réel dans l'oeuvre de Perse est vraiment au coeur de la critique attachée à sa poésie, et qu'encore aujourd'hui, c'est de ce côté qu'il importe de porter l'attention...

- Avant d'en venir au centre de la question, tel que le sujet vous y invitait ("à partir de votre lecture des poèmes de Saint-John Perse au programme"), à savoir dans une attention réelle aux textes eux-mêmes, toujours d'un point de vue général, et cela, même en n'ayant pas la possibilité de livrer textuellement la teneur exacte de ces références, vous auriez pu avoir intérêt à rappeler que dans le volume des Oeuvres complètes de la Pléiade (j'ai eu maintes fois dans ce forum l'occasion de le rappeler), Saint-John Perse a le souci d'insister dans des textes en prose (discours ou correspondance), sur cet ancrage au réel de sa poésie. Voici encore quelques jours, en réponse à un message de Celteko, je livrais un extrait de cette très importante lettre à la Berkeley Review du 10 août 1956 (voir le dialogue : http://sjperse.forumculture.net/SAINT-JOHN-PERSE-A-L-AGREGATION-DE-LETTRES-2007-c2/Dialogues-agregatifs-discussions-a-propos-de-la-presence-de-Saint-John-Perse-au-programme-du-concours-session-2007-f3/Philosophie-rhetorique-et-ethique-t68.htm ). Mais vous auriez pu encore citer bien d'autres références, dont j'avais martelé l'importance au cours de ces derniers mois - ce passage du Discours de Stockholm par exemple :

"Car si la poésie n'est pas, comme on l'a dit, "le réel absolu", elle en est bien la plus proche convoitise et la plus proche appréhension, à cette limite extrème de complicité où le réel dans le poème semble s'informer lui-même."

Pêle-mêle, encore : la lettre à Luc-André Marcel "sur la notion d'équivalence, en poésie, entre le langage et le réel", que vous trouverez aux pages 573-574 de la Pléiade (qui permet de mettre en perspective tant de rapprochements entre l'entreprise poétique et la visée mimétique)... et bien des choses encore, à retenir comme des mantras quand on étudie Perse (j'exagère, mais à dessein), sur la nécessité de "garder son emprise au sol" comme il le dit, plus le propos est d'essence abstraite justement... Bref, tout un ensemble de proclamations esthétiques qui, tout au long de la Pléiade, constitue comme un "art poétique" à propos de cet ancrage non pas réaliste, mais au réel, de l'oeuvre. Chose d'ailleurs, dont on pourrait aussi montrer qu'elles ont été parfois contestées systématiquement par certains courants critiques (cf. mes considérations à propos des analyses de Maurice Saillet dans les années cinquante justement - au moment même où Caillois rédige sa Poétique de Saint-John Perse -, que vous pouvez trouver dans un développement de mon article sur la typologie des emprunts dans La nouvelle anabase N° 2). Tout ceci aurait encore renforcé, de mon point de vue, votre propos ultérieur...

- Le gros morceau de votre propos, en effet, aurait pu être, en matière d'analyse des oeuvres au programme, sous cet angle de l'attention à cet ancrage-là ("cette oeuvre où (...) rien n'est inventé"), de pister ce qui, dans chaque poème, relève en effet de cette emprise au sol dont parle Perse. Bien sûr, il convenait d'aborder ces aspects à la faveur d'un cheminement dialectique qui vous est propre ; pour ma part, j'aurais joué sur un constat primaire (et simpliste : prétexte à dialectique) : l'univers poétique de Perse, par le foisonnement des images sur lequel il repose, et par la nature même de ces images, joue sur une certaine abstraction. Bien entendu, il s'agirait tout de suite après avoir nourri cette assertion, d'en prendre le contre-pied, en montrant à quel point en revanche cette abstraction n'est qu'apparente et qu'au contraire, dans le fond, cet univers poétique repose sur un profond attachement au réel - avec, pour sous-thèmes : le langage et ses jeux sur la polysémie référentielle, le lien cratylien entre ce langage et le monde des choses visé, la valorisation, enfin, du réel en tant que tel. Le plus flagrant exemple parmi les oeuvres désignées au programme (mais vous l'imaginez bien, nous y reviendrons un peu plus loin), est que Vents, poème que l'on a souvent qualifié de métaphysique, tant son propos est d'ordre spirituel et philosophique, ne cesse de décliner cet ancrage-là : c'est par le souffle tout matériel des vents que la quête de l'être est soutenue, d'un bout à l'autre. Et de même, le propos sur la vieillesse que dessinent les poèmes provençaux, se fonde sur un réel de la fin de vie dans son ancrage biographique et géographique (la Provence) qui leur confère un cadre, un relief prégnants.
Dans l'intimité littérale même des textes, tous leurs thèmes, vous auriez pu le faire sentir, se retrouvent enserrés dans une épaisseur de réel effective : ainsi il en va de l'histoire dans Vents (détails de la conquête, des guerres,...) ou des éléments de la natures dans Chronique (ciel, climat provençaux...). En l'occurrence, on serait ici, clairement, du côté, mille fois propice à l'argumentation par l'exemple, de ce "Nulle fantaisie, nul délire" pisté par Caillois. Et là-dessus, je ne peux que vous renvoyer aux excellents commentaires livrés dans vos cours, par Mireille Sacotte, ou dans le numéro d'Atlande... Comme je vous le dis, le détail des textes se prête à foison à ce type de démonstration : vous auriez montré ce faisant dans quelle mesure le texte fonctionne, repose sur une multitude référentielle proprement inouïe.

- Mais il ne fallait pas oublier, bien sûr, et je crois qu'était là le fin mot du sujet, le volet "cette œuvre où tout est transposé", car en dépassant cet ancrage référentiel, vous auriez pu atteindre ce qui se joue de primorial dans ce procès du lien au réel chez Perse, à savoir le passage à une transposition, justement, à la faveur duquel le réel se trouve transmué en archétype. Et sur ce point, permettez-moi d'insister, sans aucune lourdeur de ma part, sur l'aubaine en quelque sorte, qui se présentait à vous justement cette année, avec cette fameuse découverte critique présentée dans le numéro spécial agrégation de La nouvelle anabase, à savoir ce "dossier philologique" où vous est révélé le mécanisme d'emprunts massifs effectués à un ouvrage historique, de Georges Contenau (à partir de la découverte effectuée par Christian Rivoire). Car nous avons voulu, justement, pour accompagner cette découverte, mettre en perspective un trait saillant de la poétique persienne que la découverte ne fait que confirmer : ces emprunts confirment, jusque dans l'étonnant foisonnement d'un mécanisme glouton de prélèvements, le besoin ressenti par le poète, de partir du réel (fût-il livresque) pour parvenir à un si haut degré de reformulation, qu'on aboutit finalement à la création d'un univers archétypal dans l'espace du poème : "cette oeuvre où tout est transposé". Et c'est là que l'intuition de Caillois est absolument fondamentale, et confirme le fond même de ces découvertes actuelles. "Nulle fantaisie, nul délire", certes (et ce jusqu'à l'obsession du détail de ce que Caillois, poussant la chose à l'extrème, avait nommé une "poésie de l'exactitude"), mais surtout, un réel transposé parce que reformulé, le référent présent et pourtant transcendé : c'est cela même, la secrète alchimie du travail poétique chez Perse.

- Pour conclure, mais de manière très argumentée, j'aurais quant à moi tiré les conséquences de cette dialectique du réel chez Persse, pour monter combien sa poésie s'éloigne radicalement de tout autotélisme mallarméen, pour être toujours du côté d'une présence au monde qui n'est pas accessoire, et reste l'horizon même de l'oeuvre : après en avoir restitué ce que Perse nomme les "carénages", l'oeuvre poétique a pour mission de s'effacer au profit d'une présence accrue au monde (spirituellement, mais aussi dans un sucroît corporel : mission de l'initiation). Mise en perpective historique et eshtétique, cela va sans dire, pour compléter le propos et l'asseoir sur une argumentation solide...

Pardonnez le caractère un peu "fouillis" peut-être de ces quelques considérations, que je vous livre comme repères généraux, et dont nous pourrons discuter des termes et des articulations, si vous le voulez.

Bien à vous, Loïc Céry


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chemla



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MessageSujet: Re: dissertation agreg   Ven 2 Fév - 10:37

ma copie me semble bien pauvre quand je vous lis....
certains points pourtant, que vous relevez, ont été traités
ainsi j'ai commencé par opposer Perse aux surréalistes, que j'ai associés à la fantaisie totale et à la l'imagination née de l'inconscient libéré;
dans une première partie j'ai essayé de montrer que l'oeuvre de Perse n'est pas opposée à l'imaginaire mais que celui-ci est travaillé à partir de la réalité et de manière à la transcender. Et surtout que le réel de Perse provoque et emporte l'imaginaire du lecteur.
Ensuite que "l'athéisme" de perse (ou plutot panthéisme) n'était pas exempte de délire sacré ( chamanisme, mantique, cultes religieux des civilisations traversées), il explore le rapport à dieu de l'autre.... et son âme...
dans une deuxième partie j'ai simplement recherché l'ancrage réel , sur trois plans : le vocabulaire, la création de réseaux de sens par glissements , ses recherches et dossiers conservés à la fondation ( par exemple sur les francs-maçons) et enfin, malgré l'effort d'effacement du héros épique et la dépersonnalisation du lyrisme, l'emprise de sa vie sur sa poésie que ce soit les vents de Seven hundred acre Island ou la terre desséchée de provence mais surtout le grand âge et l'amante...
malheureusement je n'ai pas eu le temps de faire une troisième partie et j'ai bâclé une conclusion. Tout cela n'est pas très élevé et je suis désespérée car je n'aurai plus la chance de tomber sur Perse.....


Dernière édition par le Ven 2 Fév - 14:21, édité 1 fois
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chemla



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MessageSujet: Re: dissertation agreg   Ven 2 Fév - 10:43

cela ne me va pas du tout d'écrire au saut du lit....
et surtout de ne pas me relire avant de cliquer sur envoyer
mes accords se perdent dans les brumes matutinales...désolée
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MessageSujet: Re: dissertation agreg   Ven 2 Fév - 10:44

Ecoutez, à la lecture de ce que vous venez d'expliquer de votre travail, je ne vois vraiment pas pourquoi vous êtes si pessimiste : je crois que vous avez traité le sujet sous un angle tout à fait convenable, car l'essentiel me semble résider, quoi qu'il en soit, sur cette recherche, au sein des poèmes, de ce qui relève effectivement de ce réel non spéculatif, que vous avez eu raison d'opposer bien sûr à la démarche surréaliste (j'espère néanmoins que ce faisant, vous ne les avez pas rejetés dans les ténèbres extérieures...). Tans pis pour la conclusion, je crois que l'essentiel est dans votre propos, et qu'on en tiendra compte, en tout cas je vous le souhaite.
Bien à vous, Loïc Céry
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MessageSujet: Re: dissertation agreg   Ven 2 Fév - 10:47

Et tant pis pour les accords hâtifs et autres fautes de frappe (que j'illustre aussi à merveille, n'ayez crainte) : ils n'avaient qu'à ne pas nous harceler de si bonne heure, ça leur apprendra...En cliquant sur "Editer", vous pouvez rectifier votre texte... Vous voyez : une revanche est toujours possible sur les coquilles.
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MessageSujet: Re: dissertation agreg   Ven 2 Fév - 14:56

cher M. Cery,
tout d'abord, merci pour le "tuyau" en effet j'ai du mal à me partager entre écran et clavier...
mais surtout merci de me remonter le moral (qui frôlait les terres arides de ma Provence ) Je vais peut-être finalement essayer de préparer l'oral.

Votre site et votre promptitude à répondre ainsi que la qualité de vos réponses (toujours développées) ont été une bénédiction. Et cela tant avant le jour J (grâce à vous j'ai pu avoir une approche raisonnée lors qu'elle n'était que passionnelle) , pendant l'épreuve (où je vous ai longuement cité) qu'aprés l'orage (vous m'avez permis de reprendre courage).
que vous dire sinon encore merci....
Anne
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MessageSujet: Re: dissertation agreg   Ven 2 Fév - 19:59

Je vous en prie... Mais bien sûr qu'il faut préparer l'oral ! Les choses sont en bonne voie, croyez-moi, et vous tenez le bon bout, je peux vous l'assurer. Alors persistez, et signez.
Bien à vous, Loïc Céry
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MessageSujet: Re: dissertation agreg   Sam 3 Fév - 11:27

Je vous remercie avec un peu de retard pour votre réponse argumentée. En vous lisant, je sens que j'aurais dû travailler un peu plus la notion de transposition mais, bon, la citation de Caillois mettait en jeu tant de questions fondalementales qu'il est impossible dans un temps si restreint de répondre à tout.

Je pense en effet avoir assez bien réussi l'épreuve et je reproche à ma copie des exemples parfois un peu insuffisants mais bien fatigué par la naissance de ma fille la veille, j'ai parfois eu du mal à me faire revenir en mémoire les vers persiens .... drunken

Quant à la référence à Mallarmé, elle est vraiment in fine, comme une piste de questionnement et pas du tout comme une assertion.

Vous avez remarqué bien entendu que ma troisième partie prend quand même son idée dans la thèse en ligne sur la rhétorique que j'avais parcourue avec gourmandise, j'y avais en effet trouvé des éléments de réponse.

Ainsi, quoi qu'il en soit des résultats à venir, je tiens de nouveau à vous remercier chaleureusement pour votre site car la préparation de l'agrégation interne s'effectue souvent dans la solitude, vous fûtes l'amer !

PS : m'avez-vous envoyé un message privé ? Ma boite mail me dit que oui
et il n'y a rien sur le site.
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MessageSujet: Re: dissertation agreg   Sam 3 Fév - 12:41

Bonjour à vous ; oui, je vous avais adressé un message privé, pour vous prier de rester en ligne pendant que je préparais la trop longue réponse que j'ai infligée à tous il y a donc deux jours - mais le message devenant caduc, je l'ai en fait effacé... Voilà pour le fin mot ; en vérité, j'ai aussi corrigé une faute de frappe de votre message initial, dans lequel vous m'aviez délicieusement rebaptisé "Cerisy", ce qui ne pouvait que me flatter excessivement (cela évoquait en moi bien des souvenirs de Cerisy-la-Salle et de ses décades fameuses)...

Je pense que si vous avez effectivement fait ressortir les aspects les plus importants de ce sujet en effet copieux, vous avez fait l'essentiel, et qu'on vous pardonnera quelque oubli de mentions poétiques... Enfin, c'est du reste mon avis ; comme je comprends la difficulté de votre concentration, dans le contexte euphorisant que vous connaissiez alors (félicitations d'ailleurs pour avoir bravé une épreuve écrite d'agrégation en ce lendemain-là).

Mon Dieu, je fus l'amer dites-vous... Et bien j'en suis plus que ravi et quelque peu confus, croyez-le bien. En tout cas, bon courage pour la suite, je sais qu'il en faut, donc gardez le cap - et transmettez mes amitiés à mademoiselle votre fille, née sous les meilleurs auspices : "La voix des hommes est dans les hommes, la voix du bronze dans le bronze, et quelque part au monde où le ciel fut sans voix et le siècle n’eut garde,
un enfant naît au monde dont nul ne sait la race ni le rang, et le génie frappe à coups sûrs aux lobes d’un front pur."

Bien à vous, Loïc Céry
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Olivier



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MessageSujet: Re: dissertation agreg   Dim 4 Fév - 16:44

bonjour M.Céry!

je m'aperçois que le sujet de l'agrégation avait déjà été traité et ressassé par nous pendant un temps interminable ^^ .
je suis ravi de voir que l'oiseau Annaô a retrouvé enfin la légitimité académique qui lui était due! (d'ailleurs, saluez-le de ma part, si vous le voyez)
à mon avis, les concepteurs du sujet avaient jeté un coup d'oeil sur le forum et ont voulu vous soutenir dans votre longue croisade contre le parallèle entre Perse et la "fantaisie" surréaliste ^^
j'ai d'ailleurs relevé au passage, sur le forum, votre vue toujours aussi juste, exhaustive et impartiale du surréalisme ( "les invraisemblances d'un art livré aux seules furies de l'imagination (l'affaire des haricots sauteurs)" ; ce qui revient à dire: "vous savez, Saint-John Perse, le type qui hisse un mât sur le toit de sa maison" ) - je fais l'idiot exprès, ne vous inquiétez pas!

plus sérieusement, pour ma part, je trouve que la citation n'est pas facilement contestable: je me serais peut-être contenté de l'expliciter, de déployer ses implications, de reformuler éventuellement ses ambiguïtés.
l'expression "nul délire", par exemple, offrait sans doute des prises à la discussion, mais j'aurais peut-être pris soin avant toute glose de cerner au préalable ce que Caillois entendait par là. dans ce cadre on peut faire jouer bien sûr l'opposition au surréalisme. en fait, non seulement la phrase de Caillois est très pénétrante, mais elle est déjà nuancée ("presque rien" n'est inventé", réfutation de l'invention mais promotion de l'idée de transposition - ce qui est bien différent de la formulation abrupte "poésie de l'exactitude" dont nous avions débattu).

Je crois que la dernière partie de la citation pouvait peut-être être problématisée en distinguant deux niveaux d'analyse: un niveau d'analyse "linguistique" et un niveau d'analyse "symbolique".
Si l'on se place au premier niveau - ce que fait avant tout Caillois si j'ai bien compris vos explications- , si l'on examine le rapport de la langue de Perse au réel, dans les images notamment, il n'y a peut-être nul délire dans la poésie persienne, en ce que l'univers imaginaire déployé s'ancre toujours dans un référent réel. Même si l'on pouvait nuancer le propos en évoquant, au coeur du processus d'écriture et de la genèse des poèmes, une dialectique de la maîtrise rationnelle et de l'abandon à l'imagination (l'image donnée par Perse lui-même du cavalier tenant certes toujours les rênes de son cheval mais laissant quelquefois celui-ci s'emporter).
En revanche, si l'on se place dans l'univers symbolique des poèmes, au coeur de l'imaginaire persien, et par exemple si l'on considère la diégèse de Vents telle que l'a éclairée C.Rivoire, il fallait sans doute (ce qui n'est même pas un paradoxe) accorder toute sa place à cette idée de délire, (non plus comme définition de la poésie persienne mais comme motif symbolique structurant l'univers imaginaire persien) en jouant sur la mise en abyme d'une poésie qui se proclame et se figure comme mantique (indépendamment des rapports qu'elle entretient réellement avec le réel et l'imaginaire), sur le motif du chamanisme, sur la force titanesque et émancipatrice des Vents... (quitte à ne rattacher ce délire qu'à une des étapes d'un parcours orienté vers la lucidité et le retour à un nouvel ordre).

dans tous les cas, si ça peut rassurer les candidats à l'agrég, à lire les messages (pourtant angoissés), je n'ai pas l'impression qu'ils aient été à court d'idées... loin de là!!

cordialement
olivier
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Sjperse
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MessageSujet: Re: dissertation agreg   Dim 4 Fév - 17:28

Cher Olivier, merci de vous joindre à moi pour cette opération collective d'optimisme volontaire, à la lecture des perspectives dégagées par les candidats. J'ai été en effet enchanté de constater combien nos pugilats d'idées menés sur le forum ont pu ainsi, peut-être, laisser quelques accents utiles auprès des agrégatifs confrontés finalement à ce sujet dense. Et il fallait bien pour cela un interlocuteur de choix, que vous avez été de bout en bout de cette querelle déchaînée autour du surréalisme. J'ai pour ma part tellement apprécié l'exercice de ce dialogue à mon sens très constructif, que j'ai souvent forcé le trait, comme vous le savez (à la manière de Caillois).

Vos perspectives, comme à l'accoutumée, sont également très pertinentes : cette distinction que vous introduisez entre le linguistique et le symbolique dans ce domaine, m'apparaît très intéressante. En tout état de cause, le sujet permettait je crois des approches très diverses, et en fin de compte, rendait possible un propos de fond sur les oeuvres - et c'est là l'essentiel.

Je n'oublie pas, Olivier, l'envoi que vous savez (...) : je n'ai pas pu m'en acquitter encore et j'en suis désolé ; je vais réparer mon retard très vite.

Pour les agrégatifs et pour vous : ce document d'archive que je vous offre à tous (en écho et clin d'oeil à votre épreuve) ; à titre purement documentaire, cet extrait que je vous propose en mp3 d'une lecture d'un passage de l'introduction de Poétique de Saint-John Perse par son auteur, Roger Caillois, dans l'émission "Belles Lettres", sur la RTF, le 23 août 1954 (laissez au téléchargement le temps de s'effectuer) : http://www.sjperse.org/Caillois.mp3

Bien à vous, Loïc Céry
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