FORUM SAINT-JOHN PERSE

Forum de discussions du site Internet Sjperse.org. Discussions et réflexions à propos de Saint-John Perse et de sa poésie ; informations relatives à la diffusion de son oeuvre.
 
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 plantage

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jasconus



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MessageSujet: plantage   Ven 2 Fév - 1:01

Un bonheur, un trop grand bonheur que de se piquer à la quenouille de ce rouet ! J'aurais dû rester sur mes gardes et avoir la conscience un peu malheureuse. Eviter la contamination du sublime pour graphomane sur papier interligné.
Je n'ai pas percé la citation, et je m'en aperçois que trop bien à la lecture du message précédent. Deux mots captés, vus, reconnus : les mots"fantaisie" et "délire". Car quelle poésie ne serait ni invention, ni transposition ?? De qui se moque-t-on. J'ai pris le large, cap à l'ouest. Me demandant, comment à nouveaux frais pouvait être dégagée, pour le lecteur de notre temps, sur la chaussée des hommes de ce temps, l'oeuvre de la gangue du soupçon des petites poitrines époumonnées sur les crêtes bâtées d'azur. J'ai donc sombré dans un infini d'espace.

Merci en tout cas, aux auteurs et animateurs du site, pour leur formidable travail !!
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Sjperse
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MessageSujet: Re: plantage   Ven 2 Fév - 1:15

Merci à vous ; mais vous vous trompez : "tout est transposé", dit au contraire Caillois... Un peu de patience : je vous prépare actuellement une réponse (cf. http://sjperse.forumculture.net/SAINT-JOHN-PERSE-A-L-AGREGATION-DE-LETTRES-2007-c2/Dialogues-agregatifs-discussions-a-propos-de-la-presence-de-Saint-John-Perse-au-programme-du-concours-session-2007-f3/dissertation-agreg-p611.htm#611 ), à tous, que je mets en ligne dans quelques minutes... Faites moi l'amitié de rester connectés... A tout de suite.
Loïc Céry


Dernière édition par le Ven 2 Fév - 3:03, édité 1 fois
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jasconus



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MessageSujet: Re: plantage   Ven 2 Fév - 3:02

Ni transposition ...Permettez-moi d'insister, d'y revenir - ce n'est pas assez de dire que je suis tracassé ! Ma formulation elliptique est coupable sans doute, mais je ne dis pas autre chose que vous. Simplement j'aimerais l'on me cite une poésie qui ne soit pas toute transposition, et une autre qui n'invente pas, même avec un presque. Non, non...franchement, je ne saisis pas la portée littéraire de ce jugement. Qu'un questionnement, in fine, sur la mimesis soit sous-tendu, et attendu, cela me semble un pauvre équivalent herméneutique pour le bouleversement qui nous attend dans chaque volute de l'oeuvre atmosphérique, voilà qui a un goût de cendre, voilà une capsule de néant qui explose dans ma bouche. Thématique si peu caractérisante quand on prononce le mot : poésie, que j'ai peine à y trouver un levier pour un élan , une étincelle pour un éclair. Je propose une autre façon de lire l'assertion de Caillois, non pas par rage, ni pour le plaisir d'arracher les stèles fautives.
1954, avez-vous rectifié : telle est la date de la citation. Certes. Mais je ne suis pas certain pour autant que la date mentionnée - 1972, donc, soit une erreur, plutôt une piste. Car la date est signifiante, et pour cause, dans l'ordre de la diffusion et de la réception de l'oeuvre . N'a-t-on pas voulu ainsi nous amener à confronter deux figurations de l'oeuvre ? D'un côté, la Pléïade, la stèle officielle, gigantesque, porteuse d'une ombreuse majestueuse au risque de l'anéantir ; elle accentue la fascination, mais l'incompréhension ; la transe esthétique, mais l'accusation de délire et de fantaisie : et SJP ne peut trouver de public, en France, à son chant. De l'autre, un jugement, qui veut extirper ("ni...ni..."), les fausses représentations, les jugements hâtifs, et semble dire : regardez plus loin, regardez plus haut. Vers l'interrogation métaphysique, spirituelle, ontologique, que sais-je encore ? Caillois, et c'est Borgès, et c'est l'Aleph, l'univers des univers dans un atome. La question de l'Etre, plus que la question de sa représentation. A travers ce prisme, contestable (mais je l'assume), les mots transposition ou invention, rendent un son mat. Et, si l'on quitte les sentiers étroits de l'exégèse vétilleuse de chaque terme de cette courte et assez pauvre phrase, en élargissant l'ouverture, il n'est pas interdit d'y voir, me semble-t-il, la question de l'usage que tout un chacun doit et peut faire de la poésie de Saint-John Perse, non plus en 1972, mais aujourd'hui - et c'est la question à laquelle votre site apporte des réponses ; et c'est la seule qui vaille - en axant l'affaire sur sa force agissante, puisque il est question d'aiguiser les actes à venir, l'acte lui-même. Il nous suggère : la poésie de Perse n'est pas cette vanité altière ; elle est d'hauteur, et de la plus grande. La question porte loin je n'aurais aucun mal à en convenir ! Mais devant l'immensité, comment résister à la tentation de l'amour : combler l'écart ?
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Sjperse
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MessageSujet: Re: plantage   Ven 2 Fév - 4:15

Non, il ne faut pas le combler justement...
Vous faites fausse route, je vous assure, à propos des jugements de Caillois. Je tiens pour ma part Poétique de Saint-John Perse pour l'un des ouvrages les plus fondamentaux de la première critique persienne (qu'elle inaugure d'ailleurs). Par le truchement des structures grammaticales et avec la phraséologie parfois rigide qu'on lui connaît, Caillois a en effet pénétré les arcanes de la création chez Perse, de manière infiniment subtile, parfois derrière les mots et ce qu'ils s'autorisent. Ce sont là des jugements critiques encore parfaitement valables pour aujourd'hui car ils ont, pour tout dire, été en tout point confirmés par les examens les plus "objectifs" du processus de création qui fut celui de Perse.

Je voudrais, en ce point, rappeler un texte que j'avais consacré il y a quelques années de cela, à l'une des mentions les plus controversées d'Eloges, celle de l' "oiseau Annaô" - texte mis en ligne depuis sur le site ; en voici l'url, en pdf : http://www.sjperse.org/annao.pdf
Vous trouverez dans cette controverse que j'y ai retracée, le rôle de "témoin" en quelque sorte joué par Caillois dans cette défense personnelle de Perse, à propos des attaches au réel de sa poétique. Lisez cela, je vous en prie, et bien des perspectives de ce que je dis de manière un peu générale vous apparaîtront plus concrètement. Et bien il se trouve (c'est là un fait incontestable, sauf à vouloir faire dire à une esthétique ce qu'elle ne veut pas dire) que beaucoup de découvertes depuis, ne font que confirmer ces attaches et cette dialectique de création (liens référentiels, puis transposition archétypale). C'est le cas du corpus d'emprunts présentés dans le second numéro de La nouvelle anabase, comme je l'ai expliqué... Et si vous avez la patience de lire cet aticle sur l'annaô, vous y trouverez justement l'illustration de cette "loi de transposition" (comme Perse la nomme lui-même) à laquelle Caillois fait écho dans cette citation qui vous était proposée, et que vous semblez rejeter. Je ne veux donc pas faire valoir un argument d'autorité, fût-il en provenance de Caillois ; je veux seulement vous rendre sensible à l'exactitude de cette analyse, au regard de tout ce qui a été confirmé depuis lors, de manière incontestable, parce que fondé sur l'examen des manuscrits, de la bibliothèque personnelle et des diverses notes conservées à la Fondation. Primauté doit être accordée à ce jugement, quel que soit le plaisir ou le déplaisir que vous puissiez avoir du fait que qu'il provienne de Roger Caillois...

Il est également utile de savoir que pour Caillois, la confrontation avec l'univers poétique de Saint-John Perse constitua aussi un modèle-antidote vis-à-vis du surréalisme, ce qui peut expliquer le caractère très tranché de son regard (exact dans le fond, je maintiens, mais peut-être déroutant dans la forme, j'en conviens - c'est souvent le cas avec Caillois). Caillois a appartenu un temps au groupe surréaliste, qu'il a quitté avec fracas, justement à propos de ce procès qui lui tint à coeur, des invraisemblances d'un art livré aux seules furies de l'imagination (l'affaire des haricots sauteurs). Chez Perse, Caillois a trouvé une poétique en accord avec le monde, jusque dans un souci d'exactitude (sinon de restauration de la vieille mimesis aristotélicienne). Il n'a cessé d'en explorer dans sa Poétique, toutes les implications et ce, par simple intuition et attention au langage, là où les critiques ultérieurs (comme nous aujourd'hui) peuvent s'appuyer sur des preuves tangibles en provenance du cabinet du créateur en action.

Vous vous méprenez sur cette dichotomie critique que j'ai parfois relevée, entre la révérence et la lucidité : il se trouve justement que Caillois, lui, n'a été que du côté des structures langagières, et s'est bien gardé des considérations hagiographiques (et j'en profite pour répéter que ce n'est que l'édition augmentée qui date de 72, pas le texte lui-même). Il n'appartient pas, par conséquent, à cette shpère de la révérence, et aborder sa Poétique de Saint-John Perse avec cet a priori serait simplement un malentendu. Au contraire, faire ressortir comme il l'a fait les structures du langage poétique persien (ce que poursuivront, chacun à sa façon, et dans son inspiration, Little, Sacotte, Levillain, Camelin, Gardes-Tamine), c'est justement permettre au regard de s'élever, car permettez-moi de le préciser : face à une oeuvre aussi subtile que celle de Perse, on ne peut justement élever le regard qu'à condition de ne pas se tromper sur le fond, et de savoir de quoi on parle. Ainsi, attirer l'attention des lecteurs comme l'a fait Caillois, sur ces attaches au réel, c'était aussi ouvrir la voie à un regard plus complet sur des attitudes esthétiques et éthiques induites justement : une conception de la parole poétique en symbiose avec la matière du réel, une présence au monde qui ne fût pas illusoire, un refus de tout "arrière-monde" au profit d'une immanence revendiquée... La hauteur, le mouvement, tant d'attitudes, encore, qui ne peuvent être comprises pleinement qu'à condition de s'immerger dans ce protocole de la transposition, à mon sens... Tant d'implications aussi qu'on ne peut envisager avec justesse, je crois, que par une lecture attentive comme le fut par excellence celle de Caillois. C'est aussi à cette lecture attentive qu'invitait, je crois, le sujet qui était proposé à l'agrégation interne.

Bien à vous, Loïc Céry


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Daiana



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MessageSujet: Re: plantage   Ven 2 Fév - 9:20

Bonjour à tous et pardon: je suis à moitié honteuse de m'immiscer dans cette brillante discussion. J'aimerais juste vous soumettre mon option citationnelle, pour ne pas dire obsesionnelle. En fixant le propos de Caillois, je n'ai pu me décoller de la partie restrictive de son commentaire "presque rien n'est inventé". Mes souvenirs de L'incertitude qui vient des rêves m'ont largement conditionnée.
Du coup, mon propos s'est rapidement tourné du côté du poète "shaman" et de ses pouvoirs potentiellement mystiques. Sur le plan de l'organisation générale, j'ai suggéré une première discussion autour du processus de sublimation du réel par l'écriture, transposé plutôt que transfiguré; j'ai ensuite tenté de fixer l' "inventio" et la force de l'imaginaire des poèmes; enfin - et là, je suis inquiète -, j'ai suggéré une possible option pour le rêve en lieu et place du "délire", le premier étant, selon le propos tenu ailleurs par Caillois, un garant de concision et de précision (allusion au travail du rêve selon Freud).
Mille mercis pour tout commentaire.
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Sjperse
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MessageSujet: Re: plantage   Ven 2 Fév - 9:44

Alors, je tiens à vous rassurer, autant que possible : je ne crois pas que vos considérations soient hors sujet, loin de là. Et je dirais même que vous permettez d'orienter le sujet vers une voie également importante, qui pourrait très bien s'intégrer à une problématisation du plan (une dialectique bien comprise et pas caricaturale). En effet, je crois que cette dimension onirique, comprise en lieu et place du "délire" dont parle Caillois, peut permettre, dans un premier temps, de nuancer son propos, vers la forte tension effectivement présente chez Perse, vers le songe : voyez là-dessus les considérations je crois primordiales de Colette Camelin dans L'éclat des contraires (voir son commentaire de Vents). Cette tension existe, et permet bien de prendre le contre-pied de la vision de Caillois, et dans un second temps, il aurait été possible de montrer dans quelle mesure le séjour dans le songe est en quelque sorte conjuré pour un retour en effet prégnant vers le réél.

Dans le même ordre d'idée, je crois que mentionner la démarche même qui est celle du chaman dans Vents ne peut qu'être un plus dans votre analyse : cette démarche est en effet en partie fondée sur le recours contrôlé au songe, et à une divination où le réel est ré-inventé en quelque sorte : "« Et ma prérogative sur les mers est de rêver pour vous ce rêve du réel… " (il s'agit d'Amers, et d'une déclinaison possible de la mission du poète, tout à fait comparable à celle qui est assignée au chaman dans Vents). Vous voyez que la dimension onirique que vous mentionniez se retrouve tout à fait.

En somme, j'ai insisté dans les repères que j'ai livrés hier soir, sur l'importance du jugement critique de Caillois, mais bien sûr, je m'empresse d'ajouter que ce jugement devait, dans l'optique de l'épreuve, être discuté et que dans cet ordre d'idée, bien des aspects comme ceux que vous avez cités là devaient aussi être pris en compte. Vous avez donc vu tout à fait juste, à mon sens.

Bien à vous, Loïc Céry
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