FORUM SAINT-JOHN PERSE

Forum de discussions du site Internet Sjperse.org. Discussions et réflexions à propos de Saint-John Perse et de sa poésie ; informations relatives à la diffusion de son oeuvre.
 
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 dissertation

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sbauduin



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MessageSujet: dissertation   Ven 16 Fév - 14:22

Je participe pour la première fois à ce forum, et me permets d'envoyer l'introduction de ma dissertation pour la soumettre à jugement.
"Nous en avions assez, prudence, de tes maximes à bout de fil à plomb, de ton épargne à bout d'usure et de reprise", déclare le narrateur de Vents. La raison, qui dicte une conduite acceptable par tous et sans risque pour soi (par "prudence"), la raison qui inspire des paroles claires, universelles et pratiques (les "maximes") n'est pas ce qui motive et oriente le narrateur dans son périple en Ouest. On pourrait, rapidement, en déduire que l'oeuvre de Saint-John Perse trouve son inspiration et son langage aux antipodes de cette raison qui lasse, dans un imaginaire si personnel qu'il n'aura jamais fait école. On pourrait conclure, d'une impression de lecture peinant à comprendre et interpréter cette oeuvre, que la fantaisie et le délire y règnent. Nous n'y reconnaissons pas notre monde, c'est donc que l'auteur l'a inventé de toutes pièces. Roger Caillois prend à contre-pied cette conclusion : citation.
La certitude du critique est frappante : les affirmations comme les négations sont totales, et ne laissent place à aucun doute. Le jugement concerne chaque parcelle de l'oeuvre. Il s'oppose fermement à l'idée selon laquelle la poésie de Sain-John Perse est - comme du reste il le revendiqua lui-même - hors du temps et hors du monde. Elle peut, et doit, être raccrochée au réel, c'est lui qui la fonde. Le terme "transposé", avec son préfixe latin, invite à être sensible au passage d'un état à un autre, du réel à l'oeuvre, l'écriture est modification, transfiguration. Mais nous sommes surtout conviés à déceler la part de réel derrière l'imaginaire. De plus, la négation de la "fantaisie" et du "délire" souligne la part de lucidité et de rigueur dans cette écriture qui n'est ni spontanée ni automatique, comme le souhaitaient les surréalistes.
La déclaration de R.Caillois soulève une question : comment, et pourquoi, un auteur si lucide et rigoureux, si loin de l'invention, inspire-t-il à la raison du lecteur une telle sensation de vertige?
Car convenons-en : la fantaisie et le délire sont des termes que l'on est tenté d'utiliser pour parler de l'oeuvre, tant est flagrant le décrochage par rapport au réel. C'est à cette impression de lecture que nous reviendrons d'abord. Mais, invités par Caillois - dont la fermeté et l'autorité sont une grande force de conviction - à ne rien voir d'inventé dans cette oeuvre, nous conviendrons avec lui qu'elle prend sa source dans des expériences fortes de l'auteur, de sa naissance à l'âge adulte, et qu'elle répond à une haute exigence de lucidité. Pour comprendre le sens d'un tel écart entre impression de lecture et intention de l'auteur, il faudra en revenir à cette expression "tout est transposé". Nous savons d'où part l'auteur, mais où nous mène-t-il? Quel est ce "tout"? Est-il intelligible? Quelle réalité recouvre-t-il?
Mon plan est le suivant : I- l'impression de délire, le décrochage par rapport au réel
II- L'importance du réel et de la rigueur
III- Le "tout", fusion de l'homme, de la nature et du langage. Une réalité vertigineuse, réponse à la problématique...
Suis-je fidèle au sujet et à l'oeuvre de Saint-John PERSE?
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charlotte



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MessageSujet: Re: dissertation   Sam 17 Fév - 16:38

Bonjour,
Je n'ai pas de jugement à te proposer, mais il me semble que ta démarche est intéressante et dans le sujet. Comme j'ai moi aussi composé sur ce sujet ( à quelques places de toi... si je t'ai bien reconnu!), voici la démarche que j'ai adoptée et que je me permets d'envoyer à mon tour. Je n'ai pas osé en parler jusqu'à présent. Ma démarche est une peu différente, mais j'ose croire que plusieurs cheminements étaient possibles.
_ Je ne peux pas recopier l'introduction parce que je n'ai rédigé au brouillon que les dix premières lignes. En guise d'accroche, je suis partie de la réception de l'oeuvre de SJP qui, selon Caillois toujours, se dresse au XXe dans une "superbe solitude" à une époque marquée par une esthétique du fragment en poésie et par l'engagement de l'homme de lettres. Poursuivant sur la dimension "totale" ( je ne l'ai pas formulé comme ça) de la poésie persienne, j'ai introduit la citation de Caillois en notant la singularité du rapport de l'oeuvre au réel. Après avoir analysé la citation, noté les oppositions tranchées (transposition/ invention, transposition/ fantaisie, délire), j'ai remarqué que Caillois postulait un rapport d'exactitude au monde. Du coup, ma problématique proposait de questionner cette fameuse transposition, perçue comme un outil poétique susceptible d'embrasser la totalité ( là encore, je n'ai plus la formulation exacte).
Première partie: J'ai pleinement validé Caillois. L'oeuvre de Perse est une transposition du réel. Il y a un rapport d'exactitude avec celui-ci qui exclut invention fantaisie et délire. Je suis partie de l'idée que si la poésie n'était pas le réel, elle en était sa plus proche appréhension ( volonté d'embrasser le monde entier des choses, une poésie référentielle, bêtes peintes d'Audubon, oiseau Anhiga "dont l'existence n'est point fable", "la faux du regard sur tout l'avoir menée). Puis, j'ai montré que cette volonté d'étreindre le réel, de le transposer dans son étonnante diversité s'accompagnait d'un mode d'écriture ( poésie encyclopédique, suites homologiques) et enfin supposait de la part du poète de construire un ethos particulier ( lucidité et autorité du poète, refus du délire des plantes hallucinogènes)
Deuxième partie: J'ai choisi de me jeter (!) dans le "presque rien" de la citation pour montrer que l'opposition transposition/ invention n'était peut-être pas si nette qu'elle apparaissait au premier abord. Et que cette modalisation nous invitait à explorer la part d'invention de l'oeuvre. J'ai montré qu'il était difficile de concéder à Caillois qu'il n'y avait pas d'invention. J'ai cité l'exemple de Vents qui est un récit. Il y a inventio( j'ai cité qq exemples et notamment le balafré, deux ex machina qui vient remettre la tête en est au voyageur. J'ai également évoqué les caractéristiques de l'imaginaire persien ( les visions hallucinées du sud par exemple) pour finir sur l'idée que lorsque le délire était lui aussi transposé ( j'ai parlé du poète Shaman à ce moment-là)
Trroisème partie: J'ai montré que la plus belle invention de l'oeuvre, c'était justement la transposition. Transposition que je n'entendais plus seulement comme une transposition du monde, du réel dans l'oeuvre ( sans l'exclure pour autant), mais comme une transposition perpétuelle du sens. La transposition implique un déplacement, un mouvement que j'ai voulu analyser dans ce dernier temps de la réflexion. Si comme le souligne Caillois, il n'y a pas d'invention au sens où la poésie de Perse se tient au plus près du réel et du principe de l'être, le poète a recours à une invention poétique ( une "ruse" pourrait-on dire) susceptible de lui permettre d'explorer le mystère de l'être. J'ai montré comment l'ambiguïté permettait de déplacer constamment le sens, sans que les différents niveaux n'entrent en concurrence les uns avec les autres. J'ai également travaillé sur les plans d'évolution définis dans le discours de Florence pour montrer ce mouvement, ce déplacement continuel ( j'ai travaillé sur le motif de l'équinoxe en guise d'exemple, montrant comment on passait du littéral, à l'allégorique puis au moral et à l'anagogique)

C'est très difficile de donner un aperçu de sa réflexion en quelques lignes où les transitions n'apparaissent pas, mais j'ai l'impression que nos deux premières parties se rejoignent ( dans un ordre inverse) et la dernière aussi peut-être ( qu'en penses-tu ?). Comme toi, j'ai parlé de l'exigence de lucidité et j'ai essayé de réfléchir sur le sens à donner à ce "tout" très problématique. Comme toi, j'ai été sensible à l'idée que la transposition évoquait le passage d'un état à un autre. le préfixe implique un mouvement, un écart. Je considère pour ma part que cet écart, ce déplacement est une invention aussi. J'ai essayé de faire miroiter les sens possibles d'invention, mais très franchement, je ne me souviens plus de tout! J'espère ne pas avoir été trop confuse. J'ai également cité Chronique et Chant pour un équinoxe, qui n'apparaissent pas ici ! J'ai un peu plus parlé de Vents, ce qui me turlupine un peu tout de même. J'ai du mal à écrire autant dans un petit carré ! Merci de nous avoir proposé ton intro.
Bien entendu, M. Céry sera plus à même que moi de t'éclairer.
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charlotte



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MessageSujet: Re: dissertation   Sam 17 Fév - 17:23

Désolée pour la parenthèse initiale (le " si je t'ai bien reconnu"). Il semblerait que que ce soit une erreur !
Bon courage pour la suite des réjouissances.
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sbauduin



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MessageSujet: Re: dissertation   Sam 17 Fév - 20:33

J'aurais pu - bien que la chose me semble aussi hasardeuse qu'énigmatique - être reconnue, mais absolument pas "reconnu"!
Dans mon message écrit dans l'urgence, je n'avais pas même exprimé ma reconnaissance, pourtant grande, envers Loïc Céry. Le site comme le forum sont particulièrement stimulants. Hélas (il est bien rare que je le regrette) j'ai un Mac et ne me connecte pas souvent depuis un PC.
Ton travail est beaucoup plus attentif que le mien à cette notion de transposition que je crains d'avoir esquivée. J'en ai surtout parlé en dernière partie pour me risquer à contester, à tort ou à raison?, la validité du préfixe. Partant de ces mots "Non pas l'écrit, mais la chose même. Prise en son vif et dans son tout", j'ai préféré à la formule "tout est transposé" l'expression "le Tout est posé". L'univers est langage et le langage est monde, "la lampe" du poète est "d'argile", de même que "l'incessante avancée de (la) lèvre" de la terre. Est-ce errance de ma part?
Merci pour cette réponse, et souhaitons-nous, oui, des réjouissances à venir.
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sbauduin



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MessageSujet: Re: dissertation   Sam 17 Fév - 21:48

Rectificatif : "Non point l'écrit"...
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Sjperse
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MessageSujet: Re: dissertation   Jeu 22 Fév - 18:34

Chère "sbauduin", vous excuserez tout d'abord le retard avec lequel je réponds à vos messages. Je voudrais avant toute chose vous remercier d'avoir rejoint le forum. Pour tout vous dire, le dialogue que vous avez échangé avec Charlotte m'avait semblé si complet en lui-même, que je n'ai pas considéré urgente ma réponse.

Je tiens néanmoins (à propos de votre message initial), à vous dire à quel point votre introduction, et la façon que vous avez eue de poser la problématique du sujet, sont particulièrement pertinentes. Vous avez su dégager, dans votre manière d'amener le sujet lui-même, tout ce qui est au coeur de cette citation de Caillois, avec une finesse qui surpasse, et de loin, tout ce qu'on a pu me présenter jusqu'ici comme compte-rendus de compositions. Tout y est, absolument tout : la question du lien au réel bien sûr, mais aussi celle de la présence du songe, de cette "fantaisie" visée par Caillois, et l'ensemble, amenant un traitement extrêmement bien charpenté, tel qu'en atteste votre plan. C'est effectivement le plan qui me paraît le mieux rendre compte des différents aspects du sujet. Sauf (et vous l'avez vous-même relevé dans la réponse que vous avez adressée à Charlotte) pour tout ce qui a trait à la notion de "transposition", sur laquelle portait également le sujet. Mais il me semble pourtant que vous avez tout de même, tel que vous l'expliquez, traité dans votre troisième partie, de cet univers original créé justement moyennant le prisme de la transpositition. Donc, pour avoir escamoté le phénomène en tant que tel (qui consiste, pour le dire trop rapidement, en une reformulation du réel dans le cadre du poème), vous n'en avez pas moins parfaitement distingué ce qui fonde à mon sens la spécificité de cette problématique du lien au réel chez Perse, à savoir que c'est bien tout un univers cohérent en lui-même qui se retrouve ainsi créé, selon les modalités que vous avez brièvement décrites : "Le "tout", fusion de l'homme, de la nature et du langage. Une réalité vertigineuse, réponse à la problématique..." / "L'univers est langage et le langage est monde, "la lampe" du poète est "d'argile", de même que "l'incessante avancée de (la) lèvre" de la terre". Par conséquent, vous avez tout de même traité de ce que recouvre finalement la transposition... Tout cela me paraît très équilibré, "et je n'ai que du bien à en dire", comme le dirait Perse lui-même...

Je vous félicite encore une fois, pour l'acuité dont vous avez fait preuve dans le traitement du sujet. Je répondrai à Charlotte un peu plus tard.

Bien à vous, Loïc Céry
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sbauduin



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MessageSujet: Re: dissertation   Ven 23 Fév - 11:05

Merci mille fois : votre réponse (que je ne juge pas un instant tardive) me redonne à l'ouvrage ce coeur que la fatigue avait affaibli. Voilà un motif supplémentaire de reconnaissance!
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Sjperse
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MessageSujet: Re: dissertation   Sam 24 Fév - 0:05

Chère Charlotte, voici aujourd'hui (avec le même retard que pour ma réponse précédente - je m'en excuse encore) les quelques observations que je voudrais vous soumettre, à propos de votre message.

En vous concentrant sur le coeur même du sujet, qui provenait en effet de cette fameuse notion de transposition, il me semble que votre propos, par des voies différentes de celles qui ont été empruntées par "sbauduin", touche à l'essentiel. Je rectifie donc l'enthousiasme un peu exclusif que je lui avais signifié, pour vous y associer pleinement : votre approche du sujet va réellement à l'essence même de ce sujet, et je ne peux que vous en féliciter très vivement. Je suis sincèrement ravi de constater à quel point, de la part de candidats qui ne sont pas censés être des spécialistes de Perse, des raisonnements aussi fins puissent être tenus dans le cadre d'un concours, ce qui prouve non seulement une réelle connaissance des oeuvres, mais aussi une assimilation étonnante des débats critiques qui ont cours autour de cette poésie. Vous me permettrez d'y insister, même lourdement, pour vous dire combien je trouve remarquable toute cette assimilation-là, qui me fait même penser que dans l'avenir, la transmission heureuse de l'oeuvre est, dans ces conditions, plus qu'assurée. Je le répète au risque de lasser, tout cela me comble... Comprenez bien l'objet de cet enthousiasme que d'aucuns trouveront excessif : Saint-John Perse a été tellement mal lu, mal transmis et parfois vilipendé, que les efforts des uns et des autres se sont avérés indispensables pour permettre au discours critique sur son oeuvre d'être diffusé dans les meilleures conditions. Il semble que l'agrégation en fournisse l'occasion - en tout cas, c'est là un pari. Et à lire des compte-rendus comme le vôtre, à ne me fonder en tout cas que sur ce type de compte-rendus, il me semble que le pari est tenu. Et cela n'a pas de prix.

Pour en venir à votre propos en tant que tel : ce que j'y apprécie tout particulièrement, c'est le sens de la problématisation qui est le vôtre, car vous avez su traiter avec l'intelligence dialectique qui convenait, ce couple théorique de l'ancrage au réel et de la transposition, qui était finalement le point focal de la réflexion induite dans la citation de Caillois. Et ce faisant, vous avez eu le souci de prendre en compte ce caractère un peu unilatéral du jugement critique de Caillois, en vous appuyant sur tout ce qu'accueille le texte lui-même, pas uniquement du point de vue de cet ancrage au réel, mais également, de cette imagerie propre au songe. C'est tout cela qui vous a permis, je crois de situer réellement ce qui fonde l'invention chez Perse. L'équilibre que vous avez enfin trouvé au gré de ce cheminement d'une extrême subtilité, vous a permis dans vos deuxième et troisième parties, d'en venir progressivement au fondement de la problématique, qui est à proprement parler, la démarche ontologique qui préside à la poésie de Perse et qui seule, permet de comprendre le pourquoi de cet agencement si particulier de la transposition du réel. A partir de là, tout comme le fait d'ailleurs Camelin dans ses écrits, vous pouvez aborder les ressorts mêmes de cet imaginaire, avec ces fameux trois plans qui ressortent du discours sur Dante.

Que vous dire d'autre, qui ne serait qu'un radotage à propos de l'efficacité de votre approche ? En bon persien, je n'ai encore une fois que des éloges à vous adresser, que je complète en vous remerciant, vous et les autres candidats, d'avoir proposé à tous sur le forum le fruit de compositions aussi abouties. Je ne vois pas comment mon enthousiasme ne serait partagé par les correcteurs ; reste bien sûr que l'agrégation est un concours, doublé d'une course de fond, et que vous êtes tous soumis à cette mécanique que vous connaissez et dont vous avez accepté l'application en vous présentant à l'épreuve... En tout cas, si une "agrégation persienne" pouvait être fondée et si quelque pouvoir m'était conféré en la matière, je vous le dis tout de suite, vous en seriez récipiendaire de facto. Alors je vous signifie, en lieu et place de ce pouvoir virtuel, mes plus sincères encouragements pour la suite des événements.

Bien à vous, Loïc Céry
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MessageSujet: Re: dissertation   Sam 24 Fév - 11:56

Merci infiniment pour ce message très encourageant qui me réjouit doublement. D'une part, dans le cadre étroit de l'agrégation, je suis heureuse que la trame que j'ai choisie vous semble pertinente. D'autre part, c'est une réelle satisfaction pour moi de constater que ces quelques mois de lecture de Saint-John Perse m'ont permis d'entrer dans son oeuvre.
Si, bien entendu, j'avais étudié de manière (presque!) équitable l'ensemble des auteurs susceptibles de "tomber" à l'écrit, j'ai éprouvé une réelle joie intellectuelle et sensible à travailler Saint-John Perse.
J'étais donc ravie de voir que le choix du jury s'était porté sur lui et le sujet de dissertation m'a plu. Je n'avais pas le souvenir d'avoir lu cette phrase de Caillois, mais j'ai trouvé qu'elle nous permettait d'engager une réflexion très intéressante sur l'essence si singulière de la poétique persienne. En dépit de l'angoisse liée à l'enjeu de l'épreuve ( et aux minutes qui défilent à toute vitesse), j'ai pris plaisir à écrire cette dissertation.
Entrer dans l'oeuvre de Perse m'a demandé du temps, passé le choc de la première de la lecture, et ne m'a guère laissée intacte. Quelle joie d'avoir découvert une telle poésie!
Je vous remercie encore pour l'immense travail que vous avez fourni et pour l'attention et la disponibilité que vous témoignez aux agrégatifs: le site, le forum, les journées Saint-John Perse et l'ensemble des publications. Merci!
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Sjperse
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MessageSujet: Re: dissertation   Sam 24 Fév - 14:58

Pour clôturer les journées Saint-John Perse, j'avais formulé le voeu qu'au-delà du concours de cette année, ceux qui ont pu croiser ainsi cette oeuvre puisse à l'avenir y être sensibles, dans la mission de transmission qui incombe en somme à toute fonction d'enseignement. Et je suis très optimiste à propos de ce voeu-là : il me semble en effet que beaucoup d'agrégatifs, réticents au départ, ont découvert un poète méconnu et au sujet duquel se colporte une réputation d'hermétisme ; que ces quelques mois de préparation du concours aient pu servir déjà à abattre cette sorte de paravent, dans une large mesure, est déjà à mes yeux très précieux. Mais que de surcroît, les candidats aient pu s'apercevoir que la confrontation avec une oeuvre de cet ordre relevait de bien autre chose qu'un simple rendez-vous académique, est selon moi encore plus précieux. C'est pour ma part ce que j'essaye de transmettre, au-delà de la continuation de la critique persienne, avec La nouvelle anabase et le site. Alors quand une conjonction peut être connue, entre ces attentes et ces réalités, c'est une immense satisfaction qui est effectivement au rendez-vous. Les "persiens" sont plus nombreux, et sont susceptibles de l'être encore davantage dans les années à venir : c'est la capacité d'engouement qu'un tel concours peut susciter dans son sillage. Beaucoup de participants aux journées, au forum, m'ont amplement remercié, et j'y suis sensible, mais je veux répéter, sans calcul, que c'est uniquement en fonction de la qualité de réception des uns et des autres, la qualité de lecture et de réflexion des agrégatifs que peut être tenu ce genre de pari : la diffusion, à mon sens, est une dynamique qui inclut surtout celui qui la reçoit, qui est co-reponsable de l'ensemble, et jusqu'à l'intention même de ceux qui ont choisi de diffuser un discours critique ou la connaissance des repères d'une oeuvre. Une réelle ferveur en la matière anime je crois tous les persiens, qui savent que ce poète a été mal compris et que pourtant une oeuvre d'une importance capitale est en jeu ici, qui peut demeurer dans le sommeil des bibliothèques à moins que chacun ne s'en saissise. C'est ce que j'ai essayé de dire dans la préfacce du numéro spécial de La nouvelle anabase, car c'est à mon avis ce qui se joue de primordial dans cette année d'agrégation, et au-delà, dans la mission de transmission de la littérature en général, en des temps bien peu propices, vous en conviendrez, à la vie de l'esprit... Et qu'un poète réputé si "difficile" d'accès (le lieu commun en dit long sur une certaine paresse) puisse, au-delà des paravents donc, atteindre réellement les esprits, je crois que c'est là une illustration même insolente, de la necessité de maintenir intacte l'exigence dans ce domaine. Alors merci à vous.

Loïc Céry
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