FORUM SAINT-JOHN PERSE

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 Etude littéraire de Sécheresse

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Irmeyah



Nombre de messages : 55
Date d'inscription : 09/09/2006

MessageSujet: Etude littéraire de Sécheresse   Jeu 24 Mai - 11:56

Merci aux persiens qui en auront le temps de parcourir ce plan d'EL et de me donner leur avis. Le manque principal, a priori, est l'étude formelle plus précise du texte. C'est un texte très difficile, pour moi.

INTRO

- Dernière œuvre de SJP  valeur testamentaire ?
- ultima verba, bilan final
- dernières volontés (cf. fin haut 106)

- invocations de Dieu : inquiétude subite, remords de l’homme mourant face à la mort prochaine ? palinodie (d’incroyance à ferveur, foi) ?  Non car Dieu a un rôle spécifique dans toute l’œuvre de SJP, et ici Dieu est en continuité avec l’invocation à la divinité dans le reste de l’œuvre : aboutissement d’une quête ontologique, d’une rencontre avec les forces du monde.

STRUCTURE :

1 – Description des effets de la Sécheresse, et valeur heuristique de la Sécheresse +
2 – rencontre d’une nature déssechée, errance dans un désert de sécheresse : malheurs -
3 – Prophétie du renouveau lue dans les signes naturels +
4 – Mais attente de ce renouveau encore et exacerbation du désir, du manque -
5 – Après la Sécheresse, survie d’une élite, épreuve passée -
6 – Détermination du Poète à tirer profit de la survie pour continuer son chemin, l’épreuve passée : ce qui ne tue pas rend plus fort. Le survivant a tiré leçon de la sécheresse, a assimilé son principe purifiant, essentialisant ++
7 – Clausule énigmatique

--> pas de continuité linéairement logique ou chronologique, allers et retours, dialectique, cycle cosmique à sens allégorique, métapoétique, métalittéraire (mort du poète, vie de l’œuvre)


PTIQUE :

Sécheresse est le paradigme cosmique pour le Poète-Shaman d’un affrontement de la mort, en tant que malédiction tragique qui s’abat sur le monde de signes qu’est pour lui la nature. Sécheresse = mort, mais mort qui transforme la nature de manière salutaire et cyclique, moment de tension extrême qui purge, purifie, essentialise, renforce en affaiblissant, ne retient que le meilleur (le sel), moment (épreuve) aussi où se réaffirme la puissance d’une éthique qui permettra à l’œuvre de survivre.


PLAN :

I – L’être à l’épreuve de la Sécheresse

A – L’être exacerbé par la Sécheresse
B – L’être diminué, tué par la Sécheresse
C – L’être (res)sucité, purifié par la Sécheresse

II – La vaticination du shaman mourant

A – Une terre réduite aux signes, éréthisme
B – Rencontre de la nature et interprétation des signes  avenir
C – Prières, tension vers la force cosmique unifiant la nature plurielle : Dieu

III – Valeur testamentaire : bilan et répétition, réaffirmation d’une éthique poétique qui doit permettre à l’œuvre de survivre à la mort du poète

A – Regard sur l’œuvre accomplie : sentiment d’incomplétude et avidité : sécheresse est l’occasion d’exprimer, de ressentir l’insatisfaction (= soif, p. 108) devant l’œuvre
B – Affronter la mort sous la forme de la Sécheresse
C – Le futur de l’œuvre : leg ou « transgression » ?
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Irmeyah



Nombre de messages : 55
Date d'inscription : 09/09/2006

MessageSujet: Re: Etude littéraire de Sécheresse   Jeu 24 Mai - 11:57

DEVELOPPEMENT :

I – L’être à l’épreuve de la Sécheresse

A – L’être exacerbé par la Sécheresse

- dès le début la sécheresse c’est la tension, la salinité, la piqure du taon (105), puis « tout ce feu (…) qui porte l’homme à son plus vif (…) la sécheresse nous incite et la soif nous aiguise » 108
- synesthésie : « brulure d’ail » p. 109 ; être au contact de ce qui dans la nature envoie les plus vifs, les plus profonds, les plus riches stimuli : ail, piqure du taon, très grand cri de la terre en veuve bafouée (il faut ramener l’accent et la couleur p. 106)
- saturation : sensation, perception est rapidement saturée et saturante : assez de, trêve à, etc. ; sensibilité est si vive qu’elle embrasse la chose, le monde, la matière, le temps et toutes ces résonnances dans un bref contact : (au claquement des crotales … mid 107)
- rougeur : exacerbation de la vie ; « rouges fin d’empires, fange écarlate du langage » 105 ; « terre tatouée de rouge » bas 106 « dartres pourpres » 106 ; mais aussi beaucoup de couleur et de teinte naturelle (non seulement couleur mais matière physique de la couleur mouvement poétique de Perse tj d’aller à la chose dans sa matérialité et dans sa beauté) : corail, jaune d’orpiment p. 106, mouches d’or de la viande


B – L’être diminué, tué par la Sécheresse
- terre désechée = « émaciée (…) veuve bafoué (…) fébrilité » p. 106 : sécheresse est l’avanie, le crime pour la terre, épreuve morale, injustice insupportable, expérience de l’impuissance.
- sécheresse = concrétion, solidification cimenté revient 2 fois 1er § p. 105 et 2e § p. 106 ; prison, fer, idée d’emprisonnement : « temps mis en cage » 107 ; « la mort nous rançonne » p. 108 : elle nous fait prisonnier et demande une rançon, le prix pour la vie, pour la liberté : payer ou accepter la mort

- être est réduit jusqu’à l’os (apparaît comme la substance ultime de l’être, l’organe qui reste en l’être quand tout a disparu ; déjà figure de cadavre, ossement, mais originalité de SJP est de traiter ce motif presque hamletien de la vanité humaine et de la mort en motif dynamique), omniprésent dans le poème : mid 105, terre ossifiée 107, haut 107, haut 109 et surtout bas 109

- ce qui est peu dit : si la Sécheresse permet à une élite de survivre, c’est qu’une majorité en sont morts : cf. 109 haut, mid bas 108. peuple post-holocauste 2e § de 109

C – L’être (res)sucité, purifié par la Sécheresse

- rôle para-doxal : Sécheresse = malédiction dans toutes les cultures … or ici : Sécheresse, ô faveur, p. 105 et 108 (bas) ; « maigreur et soif et faveur d’être », 109 + « avanie du ciel fut notre chance ».
- Sécheresse a une fonction de tri, tamis qui élimine les gros éléments et laisse passer, survivre les détails, les grains  cf. « élite », « le choix de tes élus » p. 108
- imp. du futur, p. 107  Sécheresse est tension, tension vers l’avenir
- « renaissance à l’Être » : Sécheresse permet un accomplissement de l’Être, de l’essence des choses, une renaissance des choses (non naissance des êtres ou de l’être mais à l’être, c'est-à-dire que la sécheresse révèle aux chose leur essence, amène les choses à accéder à l’être, essence de l’existence ; proche du « pur sentiment d’exister » de Rousseau)

- résurrection cosmique, cycle de la vie qui repart de la terre, lieu de la mort, lieu des cadavres autant que lieu de la fertilité mid 106 ; rut et brame haut 107 ; « éclate ô sève » 107  « éclatement de l’os » p. 109 : mort c’est vie, vie c’est mort

 acceptation de la mort comme une bénédiction  conception cyclique de la vie, sécheresse est une étape salutaire, shamanisme
 Sécheresse comme épreuve initiatique de l’Être qui permet l’accès à un nouvel avenir

II – Les vaticinations du shaman mourant

A – Une terre réduite aux, saturée de signes, éréthisme hyperesthésique

- sécheresse dégraisse tout ce qui pourrait étouffer le signe, le couvrir, le souiller, le compliquer. ; haut p. 106 : enjambement avec rejet d’un morceau du verset  effet de la sécheresse. Elle créée un vide salutaire qui permet l’autorité autonome, la liberté, la résonnance du signe : cf. bas 105.
- cf. aussi haut 109 , 2e § « terre mise à nu montre ses clavicules gravées de signes inconnus » - rougeur ; terre tatouée de rouge bas 106 : cf. shaman

- vent + sécheresse = désert de sable, bas 107 : découvre signe divin, icone
 mais errance énonciative, les paroles du shaman suivent une sorte de délire : 1er § p. 105, p. 106 les longues vaticinations  errance d’un être dans un monde saturé de signes : vertige, ivresse dionysiaque (mais originalité ici : c’est dans le manque et non dans la saturation de nourriture ou de vin qu’est l’ivresse : ivre plus ivre d’avoir renié l’ivresse, I,3)

B – La crise du shaman

- « terre du sacre et du prodige » p. 107 : consacrer la terre par la poésie

On pourrait penser que puisque le shaman est mourant il s’adresserait à la terre avec douceur, et que cette proximité du sol, de la terre, de la mort serait l’occasion d’une conciliation, d’une fusion harmonique. Or c’est tout le contraire, plus le shaman s’approche de la terre, de l’instant fatidique du contact, plus la tension est forte, et violente, et conflictuelle : hostilité étrange entre le poète et la terre (peut-être liée à l’approche de la mort, par laquelle la terre veut engloutir le poète)

- les pistes sur cette terre saturée de signes ne sont pas des chemins salutaires qui guident, mais sont « mensongères » p. 109

- la terre asséchée c’est la terre qui ne donne plus de nourriture : la sécheresse accable la terre et pourtant le poète exalte la sécheresse et entre en conflit avec la terre.
- « terre vénéneuse » p. 106 ; terre bafouée / « pour nous temps de croitre et de créer »

cf. haut 106 ; aussi la mer p. 105, arc de la terre plus bas ; idée d’anathème : bas p. 107et haut 108, blasphème, hybris : « dieux et faquins », attaque du taon (insecte très chtonien)  presque tension avec lui-même, transgression avec soi (cf. IV, 2)

C – Prières, tension vers la force cosmique unifiant la nature plurielle : Dieu ; (+prophéties)

- rapprochement avec la terre conflictuel / tension vers le « Dieu » supérieur (dieux et faquins), « avanie du ciel fut notre chance » (3x Dieu dans les 4 dernières lignes)
- cf. prières, « oraison », 108
- litanies délirantes du mourant : « (Ô) …(divinité) …+ impératif » :
« (Ô) Substant. : sistre/temps/songe/singe de Dieu, (impératif) sois-nous comptable /propice /complice ». manière de se vouer à ce Dieu, cette force supérieur source de tout qui unifie les énergies cosmiques, et notamment les énergies inspiratrices (sistre, songe).

- « offrande au temps n’est plus la même » p. 108 : entre le Poète- Shaman et le cosmos les relations ont changé, changent, la liturgie poétique change, il y a une crise qui ne peut se résoudre que par la mort

- formule magique, occultiste : cf. formules finales : « Par les sept os soudés … » : non plus révéler le signe ou interpréter le signe, mais CREER le signe divin : preuve que le shaman avant de mourir veut laisser sa trace (survivre ?) par des signes.


III – Valeur testamentaire : bilan scellement de l’œuvre. répétition, réaffirmation d’une éthique poétique qui doit permettre à l’œuvre de survivre à la mort du poète

A – Regard sur l’œuvre accomplie : sentiment d’incomplétude et avidité : sécheresse est l’occasion d’exprimer, de ressentir l’insatisfaction (= soif, p. 108) devant l’œuvre

- La sécheresse révèle aux choses leur essence, amène les choses à accéder à l’être, essence de l’existence, juxtaposition des choses sans médiation, conscience directe, immédiate de soi  bilan sur soi, valeur testamentaire.

- Dialectique dans ce bilan : insatisfaction / saturation : assez de, trêve à (= saturation insatisfaisante) / « Nos actes sont partiels, nos œuvres parcellaires ! » 108

; dialectique jour- « midi » (108) - lumière – chaleur – sécheresse / soir (mid 109), nuit, ombre, noir, ténèbres, humidité, fraicheur (mid 107)

 comme une synthèse conclusive des deux tendances de CPUE et Nocturne …

- pourtant, poète scelle son œuvre (haut 108) et décide qu’il est l’heure d’affronter la mort ;
Sécheresse est plus désirée que crainte, plus appréciée que condamnée : « Fange écarlate du langage, assez de ton infatuation » = il faut que le bouillonnement poétique s’arrête, que ma poésie (fange, boue) se fige, se fixe, se sèche. Idée qu’un tel bouillonnement était quelque chose d’orgueilleux et qu’il est temps d’être humble (proche du sol, cf. p. 108) .

B – Affronter la mort :

la vie = une aventure cosmique, une aventure linguistique du Poète dans le monde des signes, des mots. Sécheresse qui s’abat sur ce monde = disette poétique, mort du poète / sécheresse du corps = mort du corps du Poète :

- fusion à la terre ; déjà sensation de mort, état de corps inhumé, commençant sa fusion avec la mort ; idée d’emprisonnement cf. haut 106 ; haut 107 : temps est compté, figure naturelle/tragique de l’épeiche = tic tac

- rougeur : affirmer la vie, conjurer la mort ? terre tatouée de rouge bas 106 : cf. shaman

- traverser la mort avec le même courage que la vie a été traversée : - idée d’une violence en germe dans cette œuvre, violence qui a été celle de son inspiration : avides et mordantes soient nos heures nouvelles, agression, transgression, effronterie, tranchante la quête, impudente la marche, œuvre incisives, corrosives (nos œuvres à venir = mes œuvres après ma mort), etc.  ne restera de l’œuvre que ses angles saillants, que sa vivacité : manière de donner aux œuvres le même pouvoir qu’a la terre sur le corps humain (ronger, user, tuer, puis découper, décomposer, etc.)  conjurer la mort, sorte de revanche que prendront les œuvres sur le monde (venger la mort du poète, cf. « j’ai pris mes armes entre mes mains » p.105).

C – Le futur de l’œuvre : leg (la terre nous lègue sa concision, p. 105) ou « transgression » ?

- qualité énigmatique des phrases finales marquent avec insistance cette volonté de ne pas léguer un sens livré comme un leg, mais proposer une démarche, une « aventure immense » dont le poète ne donne qu’une « amorce fulgurante » (cf. œuvre très souvent comparée à de l’éclair ; motif de la rencontre du dieu), p. 109

- éclatement de l’os : fait penser à Rabelais (tout autre registre, tout autre temps, cependant : humanisme ! cf. « c’est là ce soir le fait de l’homme ») ; dans ce sens, les dernières phrases avant la clausule seraient une invitation lancée au lecteur (« l’homme ») de lire sa poésie pour de sucer la substantifique moelle (cf. sève p. 107) qu’il reste de l’os séché qu’est cette poésie. Dieu = l’auteur … « songe de Dieu » = poésie de l’auteur. (dans ce poème, songe = œuvre entière du poète, mais aussi bilan fantasmatique du poète sur son œuvre).

- sens métalittéraire : Sécheresse invoquée par Perse comme allégorie de l’avenir d’une œuvre poétique scellée (traversée du désert = temps qui passe après mort : ne doit rester de l’œuvre que l’essentiel, avec l’espoir d’un nouveau printemps, une nouvelle découverte de l’œuvre ; mais en général il ne reste plus grand-chose : « de l’aigre et de l’acerbe nous connaissons les lois » : acidité qui ronge l’œuvre, voire référence aux critiques de l’oeuvre 109 : poète est prophète extralucide – «au plus lucide 108 - rongés de lucidité », p. 109 - sur le sort futur de son oeuvre )


CONCLUSION :

Sécheresse est une épreuve qui exacerbe l’être, le menace, le réduit, le prive de sa liberté, voire l’amène à la mort, mais qui dans le cycle cosmique constitue une étape salutaire essentialisante, purifiante : cf. Nietzsche : ce qui ne tue pas rend plus fort : ici : ce qui assèche rend plus essentiel, meilleur.

 épreuve initiatique qui fait passer par une mort pour faire revivre le poète sous une autre forme. Le Poète voit sa course finir et ses œuvres le devancer. Le monde saturé de signe qu’il a créé se rebelle contre lui, ce monde qu’il voue à la sécheresse  tension vers le « Dieu » = au-delà, = créateur du monde, Dieu spinozien personnifiant la Nature, ou bien le poète lui-même hypostasié ?

Valeur testamentaire : bilan et répétition, réaffirmation d’une éthique poétique qui doit permettre à l’œuvre de survivre à la mort du poète
Bilan de : l’œuvre accomplie : sentiment d’incomplétude et avidité
Affronter la mort tout en maintenant le cap
Le futur de l’œuvre : leg ou « transgression » ?

- poésie de Perse : travail de dégraissage, d’assèchement du monde, comme un grand marais salant, pour en extraire le sel, en découvrir les signes cachés
- mais grande originalité de ce poème est le conflit, une tension très forte entre la terre et le poète : la sécheresse qui atteint le poète dans sa vieillesse et sa mort prochaine s’abat non seulement sur lui mais sur son monde poétique. En effet, le monde référé ici, plus que jamais, est le monde « songé » par le poète, un monde « singé », le poète n’étant qu’un piètre imitateur du Créateur de Dieu (cf. Clausule), un monde saturé de signes, un monde de signes : l’œuvre entière du poète, un monde périlleux, avec ses aspérités tranchantes et ses fausses pistes « mensongères ». Ce poème testamentaire a l’intérêt de donner une perspective globale sur l’œuvre entière du poète, mais problématique  texte testamentaire non dans la cloture, la fixité, la satisfaction de soi-même, mais dans la tension avec soi-même.
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